Foire aux questions

Foire aux questions

Général

1. Qu’est-ce que l’Organisation météorologique mondiale?

L’Organisation météorologiques mondiale (OMM) est une institution spécialisée des Nations Unies qui consacre ses travaux à la météorologie, à la climatologie, à l’hydrologie opérationnelle, ainsi qu’à d’autres sciences géophysiques connexes telles que l’océanographie et la chimie atmosphérique.

2. À quand remonte l’OMM?

L’OMM succède à l’Organisation météorologique internationale (OMI), fondée en 1879. Son mandat, ses organes constituants et ses procédures sont définies dans la Convention de l’OMM, qui est entrée en vigueur le 23 mars 1950. Un an plus tard, l’OMM devient une institution spécialisée des Nations Unies.

3. Que fait l’OMM?

L’OMM coordonne les activités des Services météorologiques et hydrologiques nationaux dans 191 États et territoires afin de mettre à la disposition de tous ceux qui peuvent en avoir besoin, quand ils en ont besoin, des services de base relatifs au temps, au climat et à l’eau.

Grâce à cette coordination, un système mondial extrêmement complet, qui assure un accès planétaire à toute une série de données et d’informations en immédiat et en différé, a été mis en place en 1950 et n’a cessé, depuis lors, de s’améliorer du point de vue de sa portée, de sa fiabilité et de son exactitude. Ces services liés au temps, au climat et à l’eau contribuent au développement socio-économique, à la gestion de l’environnement et à la formulation des politiques.

L’OMM garantit la publication d’observations et de statistiques et contribue à l’application de la météorologie et de l’hydrologie (surveillance et la prévision des changements climatiques et de l’ozone noteamment) à l’ensemble des activités humaines, qu’il s’agisse de l’aviation, des transports maritimes, de la gestion des eaux ou de l’agriculture. L’OMM encourage par ailleurs les recherches et l'enseignement dans les domaines de la météorologie et de l’hydrologie, ainsi que de leurs applications connexes, et contribue à réduire l’effet des phénomènes extrêmes liés au temps et au climat grâce à des prévisions régulières et fiables et des alertes précoces en cas de crues, de situations de sécheresse, de cyclones tropicaux, de tornades et d'autres phénomènes extrêmes.

Les Membres de l’OMM diffusent également des prévisions concernant les essaims de criquets pèlerins et le transport de polluants (substances nucléaires et toxiques, cendres volcaniques).

4. Comment fonctionne l’OMM?

L’OMM fournit à ses Membres, y compris aux représentants des Services météorologiques et hydrologiques nationaux (SMHN), un cadre central où débattre de toutes les questions relatives au temps, au climat et à l’eau. Le but de l’OMM est de faire en sorte que les flux d’information circulent aussi rapidement et efficacement que possible et contribuent à la sécurité et au bien-être de tous les peuples.

L’OMM est régie par le Congrès météorologique mondial, qui est composé de l’ensemble des Membres de l’Organisation. Le Congrès météorologique mondial se réunit tous les quatre ans pour passer en revue et orienter les programmes de l’Organisation. Le Conseil exécutif (37 membres) se réunit quant à lui tous les ans, et suit la mise en application des décisions du Congrès. Les Membres se réunissent au sein de conseils régionaux (Asie, Afrique, Europe; Amérique du nord, Amérique centrale et Caraïbes; Amérique du sud et Pacifique Sud-Ouest) afin de coordonner les activités de leurs régions respectives. Les Membres nomment des experts qui participent aux travaux de huit commissions techniques explorant des questions relevant de leurs domaines de compétence. 

Le Secrétaire général dirige le Secrétariat, qui est basé à Genève. Le Secrétariat assure des services d’administration, de documentation et d’information pour l’Organisation. Les questions pressantes et les urgences internationales se voient traitées dans le cadre des programmes existants.

5. Comment l’OMM assure-t-elle la surveillance du temps et du climat?

L’OMM s’acquitte de cette tâche par l’intermédiaire des Services météorologiques et hydrologiques nationaux de ses Membres, qui possèdent et exploitent des systèmes de collecte, de traitement et d’analyse des informations provenant de milliers de systèmes d’observation, dont des satellites et des navires.

L’OMM publie des déclarations annuelles, quinquennales et décennales sur l’état du climat mondial. On trouve dans ces publications des renseignements sur les phénomènes météorologiques et climatiques extrêmes dans un contexte régional et une perspective historique de la variabilité et des tendances climatiques, et notamment de la température de surface depuis le XIXe siècle. En collaboration avec les Services météorologiques et hydrologiques nationaux, l’Organisation travaille à l’élaboration d’outils et de logiciels de détection des changements climatiques permettant de calculer des indices qui constituent la meilleure estimation des tendances du climat dans chaque pays.

6. Quelle est la différence entre temps et climat?

Au sens strict du terme, le climat peut être défini comme les conditions météorologiques moyennes régnant en un lieu donné, au cours d’une période donnée. Au sens large, c’est l’état du système climatique. Pour décrire le climat, on peut se servir de données statistiques sur les tendances centrales et la variabilité d’éléments tels que la température, les précipitations, la pression atmosphérique, l’humidité et le vent, ou encore d’un ensemble d’éléments tels que des types de temps ou des phénomènes caractéristiques d’un lieu ou d’une région, voire de l’ensemble de la planète sur une période donnée.

7. Combien de pays Membres l’OMM compte-t-elle?

Les Membres de l’OMM sont au nombre de 185 pays et 6 territoires.

8. Qu'entend-on par territoires Membres de l’OMM?

États et territoires peuvent devenir Membres de l’OMM. Les territoires Membres comprennent: tout territoire ou groupe de territoires qui maintient son propre Service météorologique et figure à l’annexe II des documents fondamentaux de l’OMM N° 1; tout territoire ou groupe de territoires, ne figurant pas à l’annexe II, qui maintient son propre Service météorologique, mais n’est pas responsable de la conduite de ses relations internationales; ou tout territoire ou groupe de territoires sous tutelle maintenant son propre Service météorologique et administré par les Nations Unies.

Pour en savoir plus, voir Documents fondamentaux (N° 1).

9. Comment les Membres collaborent-ils entre eux?

Délégués et experts travaillent ensemble dans le cadre de divers programmes, procédant à l’échange d’informations, de résultats de recherches, de statistiques et de technologies, afin d’améliorer la représentation des conditions planétaires. Ils partagent leurs expériences et débattent des moyens par lesquels de nouveaux progrès pourraient être réalisés et mis en pratique.

10. Comment devient-on météorologue?

La météorologie exige des connaissances poussées en mathématique, physique et chimie, ainsi qu’une bonne maîtrise de l’informatique. Pour devenir météorologue, il faut au minimum une Licence (ou BSc) en météorologie ou en sciences de l’atmosphère. On peut aussi commencer par une Licence (ou BSc) en mathématique, en physique ou en ingénierie, puis suivre des cours de météorologie. Pour accéder à des postes d’enseignant, de chercheur ou de directeur de service, il faut normalement des diplômes de niveau plus élevé. Les techniciens en météorologie, qui n’ont pas toujours de qualification de niveau universitaire, se voient en général confier la collecte et la transmission des données d’observation sur le temps. Ils accèdent normalement à ce type d’emploi après avoir suivi un cursus technique de durée variable (allant de quelques mois à un ou deux ans), selon les postes.

Temps

1. Jusqu’à quelle échéance pouvons-nous prédire le temps et le climat?

Aujourd’hui, les prévisions météorologiques à cinq jours sont aussi fiables que ne l’étaient les prévisions à trois jours il y a vingt ans. Les prévisions jusqu'à une semaine, notamment pour les régions tempérées de latitude moyenne, sont de plus en plus fiables. L’information peut être transmise d’un point à l’autre du globe en trois heures, et des phénomènes que l’on ne comprend que depuis peu, comme l’oscillation méridionale El Niño (ENSO) (El Niño, La Niña et les phases neutres) peuvent aujourd’hui être prévus jusqu'à un an à l'avance. Les prévisions climatologiques saisonnières peuvent être établies à des horizons d’un, trois ou six mois, mais elles ont un caractère probabiliste. Ces prévisions, qui sont souvent établies par les centres les plus avancés, sont mises à la disposition de toutes les nations du monde

2. Pourquoi les prévisions météorologiques sont-elles parfois inexactes?

La pression atmosphérique, la température, les chaînes montagneuses, les courants océaniques et bien d’autres facteurs se conjuguent pour produire une quantité énorme de variables qui interagissent entre elles et qui  peuvent toutes altérer le temps dans une plus ou moins grande mesure. Cependant, une meilleure compréhension de la science, associée à l’utilisation de modèles informatiques puissants, continue d’améliorer notre aptitude à faire des prévisions plus précises à plus long terme.

3. Comment améliorer les prévisions météorologiques et climatologiques?

L’Expérience concernant la recherche sur les systèmes d’observation et la prévisibilité (THORPEX) est une activité décennale du Programme mondial de recherche sur le temps de l’OMM, qui cherche précisément à répondre à cette question. THORPEX met l’accent sur l’identification des problèmes en matière de prévision et de recherche. Au nombre des domaines où des améliorations sont envisageables, on trouve les systèmes d’observation et d’analyse des données, la compréhension et la prévisibilité de la dynamique de l’atmosphère, et les modèles de prévision numérique du temps tant mondiaux que régionaux. Il serait également nécessaire de former plus de météorologues dans les pays en développement, et de les doter de plus d’équipements, de meilleure qualité.
Certains Services météorologiques et hydrologiques nationaux et certains des meilleurs groupes internationaux de modélisation du climat ont entrepris conjointement, dans le cadre du Programme de recherche sur le climat mondial, de mettre au point des modèles climatologiques régionaux qui soient à même de fournir à l’échelle d’une région (c’est-à-dire à une résolution d’au moins 25x25 km, voire mieux lorsque les centres de calcul le permettent) des informations climatologiques utilisables pour des études d’impact, d’en faciliter l’usage dans les pays en développement moins bien dotés en centres de calcul, et d’assurer, le cas échéant, une formation permettant l’exploitation de ces informations.

4. Sera-t-il possible un jour de contrôler le temps?

Des expériences de modification artificielle du temps ont déjà été conduites, et continuent de l’être. La méthode la plus couramment utilisée est celle de l’ensemencement des nuages, qui remonte à 1946 et vise à altérer la quantité ou le type de pluie produite par les nuages. Pour ce faire, on envoie dans les nuages, à partir d’avions ou du sol, des substances telles que de l’iodure d’argent, de la glace sèche ou même du sel. Dans les années 50 et 60, des scientifiques américains avaient essayé de modifier des cyclones tropicaux (projet «Stormfury»), mais les résultats obtenus n’avaient guère été concluants.
Aujourd’hui, de nombreux pays pratiquent l’ensemencement des nuages pour augmenter les précipitations dans des zones frappées par la sécheresse, pour réduire la taille des grêlons qui se forment lors d’orages, pour réduire le brouillard autour des aéroports et même pour provoquer des chutes de neige dans certaines grandes stations de ski. L’impact de ces interventions sur le niveau des précipitations et la réduction de la grêle n’a toutefois pas encore été quantifié de manière satisfaisante et les recherches en la matière demeurent très actives.

5. Pourquoi les pays en développement semblent-ils être plus durement frappés par les phénomènes météorologiques extrêmes?

Tous les ans, des catastrophes naturelles viennent frapper nombre de communautés de par le monde, provoquant des morts, la destruction d’infrastructures sociales et économiques, et la dégradation d’écosystèmes déjà fragilisés. Si ces phénomènes sont inévitables et peuvent frapper n’importe où, dans l’ensemble ce sont les populations des pays en développement et des pays les moins avancés qui sont les plus durement frappées, ce qui accroît leur vulnérabilité et retarde la réalisation de leurs objectifs sociaux et économiques, souvent de plusieurs décennies.
Si en termes monétaires les pertes encourues par les pays en développement sont inférieures à celles que peuvent encourir des pays développés, leur impact (en pourcentage du PIB) est souvent bien supérieur. Nombreux sont les pays en développement qui sont situés dans des zones tropicales où les phénomènes extrêmes tels que les cyclones tropicaux, les sécheresses et les crues sont plus fréquents que dans d’autres régions. Or, les pays en développement disposent de moins de ressources matérielles et humaines pour surveiller le temps, prévoir la survenue de pareils phénomènes et alerter tous les secteurs de la population. Relever ce défi revêt un caractère prioritaire pour l’OMM. 

Climat

1. Que fait l’OMM face au changement climatique?

En 1988, l’OMM et le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) ont créé le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), pour dresser le bilan des connaissances scientifiques et évaluer la menace que représente le changement climatique d’origine anthropique. Le GIEC est aujourd’hui largement reconnu comme l’autorité internationale scientifique et technique en matière de changement climatique. Le Secrétariat du GIEC se trouve à l’OMM.
Le Programme climatologique mondial (PCM) de l’OMM vise principalement à développer la production de services climatologiques destinés aux utilisateurs finaux, en vue de faciliter l’émergence de nouvelles applications utiles des informations climatologiques, qui en optimisent les effets socio-économiques. Le Programme facilite les travaux de recherche internationaux dans le domaine du changement climatique afin de fournir aux décideurs des informations climatologiques de meilleure qualité dans de meilleurs délais, qui leur permettront de parvenir à des conclusions plus éclairées quant aux causes et aux effets du changement climatique, et de mettre au point les stratégies qui s’imposent. Le Programme est à la base du Cadre mondial pour les services climatologiques.

2. Notre climat est-il en train de changer?

Dans l’ensemble, les experts conviennent que la Terre est en train de se réchauffer. La part de ce réchauffement directement attribuable à l’activité humaine, ou provoquée par celle-ci – et dont les effets sont extrêmement difficiles à évaluer – n’est pas évidente, même s’il apparaît plus que probable que l’augmentation des gaz à effet de serre tels le dioxyde de carbone y participe.

Il est cependant clair qu’à l’échelle mondiale, quatorze des 15 années les plus chaudes jamais observées l’ont toutes été au XXIe siècle, et que chacune des trois dernières décennies s’est révélée plus chaude que la précédente, la décennie 2001-2010 battant tous les records. La température moyenne à la surface du globe, terres émergées et océans confondus, était en 2014 de 0,57 °C (1,03 °F) au-dessus de la moyenne à long terme de 14 °C (57,2 °F) calculée pour la période de référence 1961-1990. À titre de comparaison, les températures étaient en 2010 de 0,55 °C (1,00 °F) supérieures à la moyenne et en 2005, de 0,54 °C (0,98 °F) supérieures à la moyenne, selon les calculs de l’OMM. Ces calculs sont assortis d’une marge d’incertitude estimée à 0,10 °C (0,18 °F). 

3. Comment le réchauffement affectera-t-il notre climat au cours du siècle à venir?

Le quatrième Rapport d’évaluation (2007) du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) projette, à l’horizon 2100, des températures de surface moyennes de l’ordre de 2,1 à 6,1 degrés Celsius supérieures aux températures relevées au milieu du XXe siècle. Selon toute probabilité, la quasi-totalité des zones terrestres connaîtront une augmentation du nombre des jours chauds et des vagues de chaleur et une diminution du nombre des jours froids et des vagues de froid. Dans un monde plus chaud, le cycle hydrologique s’intensifiera, les précipitations augmenteront et se feront plus intenses, entraînant des inondations dans de nombreuses zones. Des sécheresses estivales, assorties d’un risque connexe de sécheresses plus durables, seront probables dans la plupart des zones intérieures continentales à moyenne latitude.

D’après les prévisions, le changement climatique devrait réduire la quantité d’eau disponible dans les régions arides et semi-arides, ce qui pourrait conduire à un doublement des populations confrontées à une pénurie d’eau au cours des trente années à venir. Les zones affectées par des maladies comme le paludisme (et par les maladies véhiculées par l’eau) pourraient s’étendre, et la modélisation des récoltes indique une baisse des rendements dans les régions tropicales et sous-tropicales. D’après certains calculs, une augmentation des températures supérieure à quelques degrés entraînerait une baisse de la productivité végétale dans la plupart des régions du monde.

4. Quelle est la différence entre changement climatique et variabilité du climat?

La variabilité du climat est l’expression utilisée pour décrire un ensemble de conditions météorologiques qui, moyennées, décrivent le «climat» d’une région. Dans certaines parties du monde ou dans une région quelconque pendant certaines périodes ou parties de l’année, cette variabilité peut être faible – les conditions ne changeant guère pendant la période. Cependant, en d’autres endroits ou à d’autres périodes, ces conditions peuvent passer d’un extrême à l’autre, du gel aux fortes chaleurs ou du très humide au très sec, et l’on parlera alors de forte variabilité. La plupart des habitants sont conscients de la variabilité qui affecte leur région, et s’y attendent.

Occasionnellement, il survient un événement ou une séquence d’événements qui n’ont jamais été observés ou notés auparavant, comme l’exceptionnelle saison des ouragans dans l’Atlantique en 2005 (encore qu’il pourrait s’agir là aussi de variabilité naturelle du climat). Si pareille saison ne se reproduit pas, disons, dans les trente années suivantes, on pourra y voir, rétrospectivement, une année exceptionnelle plutôt qu’un signe annonciateur de changement climatique.

Les scientifiques estiment que pour qu’on parle de changement climatique, il faut que survienne un changement et que ce changement persiste pendant une longue période. Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) a lancé toute une série de travaux pour déterminer si l’occurrence de divers phénomènes hydrométéorologiques dangereux (cyclones tropicaux ou tornades) et d’événements connexes (telles que les crues éclair) est ou non affectée par des changements climatiques induits par l’activité humaine.

5. Que sont El Niño et La Niña?

El Niño, le «petit garçon» en espagnol, car il se produit généralement aux environs de Noël, est un phénomène qui se traduit par un réchauffement anormal des eaux équatoriales de l’océan Pacifique, suivant une fréquence de trois à cinq ans, et dont la durée peut atteindre 18 mois. Les épisodes El Niño les plus marqués, notamment celui de 1997/98, entraînent des sécheresses et des inondations, ainsi que la formation de cyclones tropicaux et de fortes tempêtes hivernales dans certaines régions.

En 2015, nous avons connu le phénomène El Niño le plus puissant depuis 1997/98, lequel compte sans doute parmi les quatre épisodes les plus intenses jamais constatés depuis 1950. Les prévisions indiquent que cet épisode El Niño est déjà mature et puissant dans le Pacifique tropical, et qu’il pourrait se renforcer encore. L’épisode de 1997/98 et ses manifestations auraient été à l’origine de centaines de décès et auraient provoqué des milliards de dollars de dommages dans une quinzaine de pays, tout particulièrement dans la région du canal de Panama, mais aussi dans des lieux beaucoup plus éloignés, comme la côte orientale de l’Afrique.

La Niña, c’est-à-dire «la petite fille» en espagnol, est une appellation qui désigne le phénomène opposé, caractérisé par un refroidissement anormal des eaux de surface dans la même région de l’océan Pacifique.  

Eau

1. Qu’est-ce que le cycle hydrologique?

Environ 98 % de l’eau de la planète se trouve dans les océans. Sous l'effet du Soleil, l'eau des océans et les autres eaux de surface s’évaporent. La vapeur d'eau se condense et forme les nuages qui fournissent de l’eau douce sous forme de précipitations. La pesanteur ramène cette eau douce vers les océans par les cours d’eau et les eaux souterraines, en satisfaisant au passage les besoins des organismes vivants. L'eau retourne dans les océans, s’évapore à nouveau et le cycle recommence.

2. Les ressources en eau de la planète sont-elles en train de diminuer?

Par rapport au volume total de l'eau à la surface de la Terre, l'eau douce ne représente que 2 %, dont 70 % environ se trouvent dans les calottes glaciaires. À l’échelle planétaire, et sur des périodes courtes (en l’occurrence, quelques siècles), la quantité totale d’eau douce produite par le cycle hydrologique demeure constante.

Cependant, les ressources en eau ne sont pas réparties uniformément à la surface de la Terre. Dans tout bassin versant, l’apport en eau douce attribuable aux précipitations varie d’une année à l’autre. Parmi les plus grands bassins fluviaux de la planète, nombreux sont ceux qui ne traversent que des régions très peu peuplées, alors que bien des zones densément peuplées disposent de ressources en eau insuffisantes, un problème que l'augmentation de la pollution aggrave. L’irrigation, l’industrie, l’urbanisation et l’accroissement du niveau de vie amenuisent davantage les ressources en eau douce.

3. Comment le changement climatique risque-t-il d’affecter les ressources en eau disponibles?

La hausse des températures accélèrera le cycle hydrologique, modifiant ainsi la répartition temporelle et spatiale de l’eau douce, alors qu’il est probable que le volume total d’eau demeurera constant à l’échelle planétaire. Le recul des glaciers entraînera probablement une réduction de l’écoulement dans les régions qui comptent sur cet approvisionnement en période de pénurie. L'élévation du niveau de la mer pourrait provoquer une baisse de la qualité de l’eau dans les aquifères côtiers. La quantité d'eau nécessaire à la consommation humaine, à l'agriculture et à la végétation naturelle devrait elle aussi évoluer. Tous ces facteurs auront probablement un impact sur la manière dont nous gérons les ressources en eau.

Catastrophes et risques naturels

1. Quel rôle joue l’OMM en cas de catastrophe naturelle?

L’OMM, par le biais des Services météorologiques et hydrologiques nationaux, veille notamment à ce que, en cas de risques liés au temps, au climat et à l’eau, des systèmes d’alerte précoce efficaces et opérationnels 24 h/24 soient à même de prévenir les populations concernées en temps utile, et de préférence, le plus longtemps à l’avance possible, en particulier dans des contextes transfrontières.

Par le truchement de ses programmes scientifiques et techniques internationaux, ainsi que de son réseau de Services météorologiques nationaux, de centres météorologiques régionaux spécialisés et de centres météorologiques mondiaux, l’OMM coordonne la structure opérationnelle mondiale qui sert à observer, détecter, modéliser, prévoir, élaborer et diffuser des alertes précoces pour un large éventail de problèmes liés au temps, au climat et à l’eau, qu’il s’agisse de tornades, de tempêtes violentes, de cyclones tropicaux, d’ondes de tempête, de crues, d’inondations, de vagues de chaleur, de vagues de froid, de sécheresses, d’invasions de criquets pèlerins ou d’incendies de forêt.  

Le réseau mondial de l’OMM est ainsi très efficace en matière de diffusion d’alertes précoces aux cyclones tropicaux (ouragans et typhons) dans les régions de l’Atlantique et du Pacifique, réduisant de ce fait les risques concernant les pertes matérielles et le nombre de victimes. L’OMM compte six centres météorologiques régionaux spécialisés dans les cyclones tropicaux, qui sont gérés par des Services météorologiques nationaux, et qui fournissent à l’ensemble des pays appui technique, analyses et prévisions. 

2. Comment l’OMM diffuse-t-elle aux communautés concernées des données relatives aux risques naturels?

Les données atmosphériques et océaniques sont collectées par les pays grâce à des instruments d'observation in situ ou par satellite et acheminées par le Système mondial de télécommunications (SMT) de l’OMM aux centres météorologiques régionaux spécialisés de l’Organisation, où sont élaborées des prévisions en continu et des avis de cyclones tropicaux. Ces avis sont alors transmis par le SMT, par fax et internet toutes les trois à six heures aux Services météorologiques nationaux des pays à risque.

Les prévisionnistes utilisent alors ces avis pour produire des alertes nationales aux cyclones tropicaux, qui sont immédiatement diffusées aux journaux, aux radios et aux télévisions, aux services de secours d’urgence, ainsi qu’à d’autres utilisateurs. Ce sont les Services météorologiques nationaux des pays concernés qui sont responsables de la diffusion des alertes. Nombreuses sont les vies qui ont pu être sauvées grâce aux mesures prises opportunément par les décideurs et les organismes de préparation aux catastrophes, sur la base de ces informations.

Outre leur intervention en matière de risques naturels, les centres météorologiques régionaux spécialisés de l’OMM appuient également pays et organisations internationales en cas de grandes urgences environnementales transfrontières, que celles-ci soient provoquées par de graves accidents nucléaires ou chimiques, des éruptions volcaniques ou des feux de forêt. L’OMM s'est engagée à élargir la portée de ses capacités et mécanismes d’alerte précoce - en veillant à intervenir de manière optimale et efficace du point de vue des coûts, et en collaboration avec les organisations nationales, régionales et internationales pertinentes - à la prise en compte de risques autres que ceux d’origine hydrométéorologique, comme les tsunamis. 

3. Comment l’OMM peut-elle aider les pays en développement à mieux faire face aux phénomènes météorologiques extrêmes?

L’OMM et ses Membres fournissent une assistance destinée à réduire les risques liés aux phénomènes météorologiques. Cette aide comprend la fourniture d’équipements météorologiques, la formation de personnels spécialisés en météorologie, hydrologie et prévision du climat, l’initiation aux activités de sensibilisation, ainsi que la fourniture d’une assistance technique en matière de prévisions et d’alertes, sans parler de financements et l'organisation de séminaires. L’Organisation travaille en étroite collaboration avec d’autres institutions spécialisées au niveau international et régional en vue de promouvoir les activités de préparation et de prévention relatives aux catastrophes. L’OMM fournit par ailleurs des conseils techniques, notamment en matière d’infrastructure, pour la mise en place de systèmes d’alerte précoce multidanger, couvrant notamment des risques non liés au temps comme les tsunamis, pour lesquels ont été développés des systèmes d’alerte précoce très complets dans l’Océan indien et d’autres régions à risque. 

4. Comment choisit-on le nom des cyclones tropicaux?

Les cyclones tropicaux (qu'on appelle ouragans dans l’Atlantique et l'est du Pacifique Nord et typhons dans le Pacifique Nord-Ouest) ont une durée de vie d’un jour à quelques semaines. Plusieurs cyclones peuvent se produire en même temps dans une même région. Les prévisionnistes donnent à chaque cyclone un nom choisi sur une liste préétablie, pour permettre l’identification des cyclones et éviter toute confusion.

En savoir plus sur le nom des cyclones

Environnement

1. Qu’est-ce que l’ozone?

L’ozone est une forme d’oxygène dont les molécules comportent non pas deux, mais trois atomes. L’ozone se trouve à la fois dans la troposphère (dix premiers kilomètres de l’atmosphère en partant de la Terre) et dans la stratosphère (à des altitudes allant de 10 à 50 km au-dessus de la Terre). L’ozone sert d’écran nous protégeant du rayonnement ultraviolet nocif émis par le Soleil. Mais au niveau du sol, l’ozone est un polluant qui peut entraîner des difficultés respiratoires et endommager plantes et récoltes. C’est d’ailleurs l’un des principaux composants du smog. En d’autres termes, bon ou mauvais, tout dépend de l’altitude où il se trouve.

2. Qu’arrive-t-il à la couche d’ozone?

La couche d’ozone est en danger à cause des composés chlorés (chlorofluorocarbures ou CFC) et bromés (halon) qui ont été abondamment utilisés par le passé dans des produits comme les aérosols, les bonbonnes de carburant, les réfrigérants, les pesticides, les solvants et les extincteurs. Lorsque ces substances atteignent la stratosphère, le rayonnement ultraviolet du Soleil les dissocie et elles libèrent des atomes de chlore et de brome qui réagissent avec l’ozone. Ces réactions déclenchent des cycles de destruction de l’ozone qui appauvrissent la couche d’ozone protectrice.

On a calculé qu’un seul atome de chlore pouvait détruire plus de mille molécules d’ozone. Les atomes de brome sont, quant à eux, quelque 50 fois plus destructeurs de l’ozone, mais heureusement, il y a bien moins de composés contenant du brome que de CFC dans l’atmosphère.

Divers accords internationaux, tels que la Convention de Vienne et le Protocole de Montréal et ses amendements, ont été conclu dans ce domaine. Après avoir récemment atteint son maximum , le niveau total de composés contenant du chlore et du brome dans la stratosphère diminue aujourd’hui lentement, mais il faudra probablement 50 ans avant que la concentration de chlore et de brome revienne à son niveau d’avant 1980 (date vers laquelle a été observé le premier trou dans la couche d’ozone antarctique). D’après des rapports scientifiques récents, la déperdition d’ozone a cessé dans la plupart des régions du monde, mais il faudra peut-être des années avant que la couche d’ozone ne commence à se reconstituer.

3. Comment l’OMM surveille-t-elle la pollution?

L’OMM assure une surveillance à long terme de la pollution atmosphérique planétaire grâce à son réseau de la Veille de l'atmosphère globale (VAG), qui comprend plus de 300 stations qui mesurent la quantité de pollution (chimique et même nucléaire) dans l’atmosphère. Les données obtenues servent à évaluer l’état de la couche d’ozone et les changements climatiques, ainsi qu’à en examiner les effets sur les écosystèmes et la santé humaine.

Grâce à des modèles qui permettent d’étudier la réaction de divers types de pollution avec divers phénomènes météorologiques, l’OMM aide les Services météorologiques nationaux et d'autres organismes compétents à améliorer leurs produits d’information destinés au public, et notamment les prévisions de la qualité de l’air et des indices de rayonnement ultraviolet. Les prévisions établies par les SMHN pour les transports de polluants (substances nucléaires, substances toxiques, cendres volcaniques) permettent de prendre des décisions destinées à en combattre les effets négatifs. Le Centre mondial des données sur l’ozone et le rayonnement ultraviolet, qu’exploite le Service météorologique du Canada, est l’un des six centres mondiaux faisant partie de la Veille de l'atmosphère globale.

Observation

1. Comment l’OMM envisage-t-elle l’évolution de ses systèmes d’observation?

Le futur Système mondial d’observation jouera un rôle clé au sein du Système mondial intégré des systèmes d’observation de l’OMM (WIGOS). Ce système d’observation intégré formera un «système de systèmes» complet qui fonctionnera en interface avec les systèmes d’observation coparrainés par l’OMM et d’autres systèmes qui ne relèvent pas de l’Organisation. Il apportera ainsi des contributions majeures au Système mondial des systèmes d’observation de la Terre (GEOSS), grâce à la participation active des Membres, des conseils régionaux et des commissions techniques de l’OMM.

La composante spatiale dépendra du renforcement de la collaboration dans le cadre de partenariats avec des organismes tels que le Groupe de coordination pour les satellites météorologiques (CGMS) et le Comité sur les satellites d’observation de la Terre (CSOT). Certaines composantes des sous-systèmes d'observation par satellite ou in-situ relèveront d’organismes partenaires de l’OMM: le Système mondial d’observation terrestre (SMOT), le Système mondial d’observation de l’océan (GOOS) et le Système mondial d’observation du climat (SMOC).

Pour en savoir plus sur le Système mondia d'observation.

2. Comment les Membres de l’OMM décident-ils de l’évolution des systèmes mondiaux d’observation?

Pour orienter l’évolution des systèmes mondiaux d’observation, les Membres procèdent à une étude continue des besoins – voir ci-dessous la question/réponse: «Qu’est-ce que l'étude continue des besoins?»

3. Qu’est-ce que l'étude continue des besoins?

Dans le cadre de l’étude continue des besoins, des experts étudient les besoins en matière d’observation dans les principaux domaines d’application de l’OMM (par exemple, la prévision numérique du temps à l'échelle du globe, la prévision climatique saisonnière à interannuelle, la météorologie aéronautique, etc.), examinent les capacités des systèmes d’observation actuels (spatiaux et terrestres), réalisent une analyse critique (en menant, le cas échéant, des études d’impact), recensent les lacunes, et produisent des déclarations d’orientation («Statements of Guidance») pour chaque domaine d’application. Ces déclarations d’orientation sont ensuite réexaminées en vue de rédiger le Plan de mise en œuvre pour l’évolution des systèmes mondiaux d’observation (EGOS-IP). Pour en savoir plus, cliquez ici.

4. Où consulter la liste des lacunes recensées en matière d’observation?

Après avoir examiné les besoins en matière d’observation et les performances des différents systèmes d’observation par satellite et in-situ, les experts de chaque domaine d’application de l'OMM réalisent une analyse critique et consignent les lacunes qu’ils ont recensées dans des déclaration d’orientation («Statements of Guidance»). Ces déclarations sont disponibles ici.