Historique des activités climatologiques

par John W. Zillman*

 


 

Introduction

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La troisième Conférence mondiale sur le climat, qui doit se tenir à l’invitation de l’Organisation météorologique mondiale (OMM) à Genève du 31 août au 4 septembre 2009, doit être considérée à la fois comme un aboutissement et comme un nouveau départ. C’est en effet l’aboutissement de quelque 30 années de progrès remarquables en matière de recherche, de surveillance, d’applications et d’évaluations d’impact dans le cadre du Programme climatologique mondial, lancé en 1979 à l’issue de la première Conférence mondiale sur le climat et rétabli, étayé et reciblé en 1990 à la suite de la deuxième Conférence mondiale sur le climat. Mais cette manifestation va par ailleurs vraisemblablement marquer le début d’une approche nouvelle et plus intégrée en matière d’application de la climatologie aux besoins de nos sociétés, grâce à la mise en place d’un nouveau cadre global pour les services climatologiques. Ce faisant, des capacités scientifiques puissantes et nouvelles pourront contribuer à relever les formidables défis sociaux, économiques et environnementaux qu’impliquent tant l’importante variabilité naturelle du climat que les mesures d’atténuation et d’adaptation qu’impose le changement climatique d’origine anthropique.

On ne sait guère – et c’est étonnant – que l’OMM, l’organisation qui l’a précédée et ses partenaires ont accompli ensemble un travail remarquable et fort complet, dégageant le cadre d’une coopération internationale en matière de climat depuis la création de l’Organisation météorologique internationale (OMI) en 1873. L’OMI, organisation non gouvernementale, a assuré un travail essentiel de coordination et de normalisation internationales des pratiques climatologiques pendant plus de 70 ans, notamment, et ce à partir de 1939, par le biais de sa Commission de climatologie, rétablie comme organe intergouvernemental par l’OMM en 1951 et maintenue depuis lors, malgré un bref changement d’appellation destiné à privilégier les applications. Bon nombre des Services météorologiques nationaux des 188 pays Membres que compte aujourd’hui l’OMM trouvent leur origine non pas tant dans les activités de prévision quotidienne du temps qui leur confèrent une grande visibilité publique, mais dans les responsabilités nationales qui leur incombent en matière d’observation, de description et de surveillance à long terme du climat.

En élaborant un nouveau cadre global pour la prestation de services climatologiques, à l’occasion de la troisième Conférence mondiale sur le climat (CMC-3), on devra absolument veiller à ce que les capacités de prévision climatologique établies et émergentes tiennent compte des besoins sans cesse plus nombreux de sociétés plus préoccupées par les questions de climat qu’elles ne l’ont jamais été auparavant. On devra aussi faire en sorte que le nouveau cadre ne repose pas uniquement sur la prise en compte de ce qui existe déjà, mais aussi sur une réflexion historique quant aux questions traitées, aux défis relevés et aux enseignements tirés de la mise en place des cadres institutionnels internationaux qui sont aujourd’hui les nôtres. Si des considérations de place nous empêchent ici de retracer par le menu l’histoire fascinante des sciences et des services climatologiques, il ne serait sans doute pas inintéressant de commencer par rappeler certains des faits saillants des 50 dernières années et, plus particulièrement, des 30 années qui se sont écoulées depuis la mise en place, en 1979, du Programme climatologique mondial. La figure 1 résume de manière fort simplifiée les principales étapes qui ont marqué l’émergence du climat comme enjeu scientifique et politique international depuis les années 50.

Depuis quand le climat est-il devenu un enjeu?

Si la climatologie a toujours été considérée comme une branche importante de la météorologie scientifique et pratique (Landsberg, 1945) et si les principes de physique qui sous-tendent le réchauffement par effet de serre sont connus depuis plus d’un siècle (Houghton, 2009), la préoccupation qu’inspirent aujourd’hui, à l’échelle mondiale, les questions climatologiques remonte en fait à la convergence de cinq événements scientifiques, techniques et géopolitiques marquants des années 50:

  • Les progrès intervenus au lendemain de la Seconde Guerre mondiale en matière de sciences fondamentales de l’atmosphère qui ont permis de beaucoup mieux comprendre les mécanismes de la circulation atmosphérique à grande échelle;
  • Le lancement, en 1957, de nouvelles observations géophysiques (et plus particulièrement du programme de mesure du dioxyde de carbone de Mauna Loa) à l’occasion de l’Année géophysique internationale (AGI);
  • La reconnaissance du fait que les satellites en orbite terrestre peuvent réaliser des observations météorologiques;
  • Les progrès de l’informatique;
  • Le fait qu’alors même que s’installait la guerre froide, des pays se soient montrés disposés à passer par les institutions du système des Nations Unies pour mettre en place une coopération en vue de résoudre d’importants problèmes mondiaux.

Ces événements allaient déterminer l’évolution de la climatologie qui, de science descriptive, allait devenir une science physique (Flohn, 1970), et ouvrir la voie à des modélisations diagnostiques et prédictives du système climatique mondial (Bolin, 2007).

Ces influences se sont trouvées conjuguées dans une résolution de 1961 de l’Assemblée générale des Nations Unies appelant l’OMM et l’organisation non gouvernementale qu’est le Conseil international pour la science (CIUS) à collaborer en vue de favoriser de  nouvelles percées scientifiques et technologiques pour surveiller, prévoir et, à terme, maîtriser le temps et le climat. Cette même résolution allait entraîner la création à la fois de la Veille météorologique mondiale de l’OMM et du Programme de recherche OMM/CIUS sur l’atmosphère globale (GARP). La Veille météorologique mondiale avait pour but de mettre en place l’infrastructure de base nécessaire à l’échelle mondiale pour appuyer la prévision météorologique opérationnelle et décrire et surveiller le climat, tandis que le GARP visait tant à améliorer la qualité des prévisions météorologiques qu’à établir les bases scientifiques de la prévision climatologique (Davies, 1990).

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Figure 1 — émergence du climat comme enjeu scientifique et politique international: les cinq grands événements scientifiques, techniques et géopolitiques de la colonne de gauche ont convergé pour donner lieu à la résolution 1721 (XVI) de l’Assemblée générale des Nations Unies, qui a débouché sur la mise en place de la Veille météorologique mondiale (VMM) à l’OMM et le lancement du programme OMM/CIUS de recherche sur l’atmosphère globale (GARP) et, subséquemment et de manière moins directe, sur la tenue en 1972 de la Conférence des Nations Unies sur l’environnement humain (CNUEH). De 1974 à 1977, le groupe d’experts du Comité exécutif de l’OMM sur le changement climatique, établi à la demande de la sixième session extraordinaire de l’Assemblée générale des Nations Unies, a débouché sur la tenue de la Conférence mondiale sur le climat de 1979 (CMC-1) et la mise en place du Programme climatologique mondial (PCM) et de ses quatre volets, dont le Programme mondial OMM/CIUS de recherche sur le climat (PMRC). Le rapport de la Commission mondiale sur l’environnement et le développement (CMED) de 1987, la Conférence de Toronto de 1988 et le premier Rapport d’évaluation du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) ont déterminé l’ordre du jour de la deuxième Conférence mondiale sur le climat de 1990 (CMC-2), qui a donné lieu à la mise en place du Système mondial d’observation du climat (SMOC) et à la négociation de la Convention-cadre des Nations Unies sur le changement climatique (CCNUCC). Ce schéma rapporte également l’évolution proposée des volets «services climatologiques» du PCM en une structure plus intégrée, le Réseau mondial des services climatologiques (RMSC), construit sur la base du SMOC et du PMRC, et nouvel outil d’encadrement des services climatologiques mondiaux (voir figure 5).

Dès la fin des années 60, alors que démarraient la Veille météorologique mondiale et le Programme GARP, certains scientifiques avaient commencé de s’inquiéter, face aux concentrations croissantes de dioxyde de carbone relevées d’emblée à Mauna Loa, de ce que les activités de l’homme commençaient déjà à perturber le climat de la planète à grande échelle (SMIC, 1971). Dans les années 70, d’autres allaient au contraire – et une fois de plus – faire des affirmations rapidement montées en épingle par les médias (Calder, 1974): ils prétendaient que loin d’être une manifestation de plus de l’importante variabilité naturelle du climat, doublée d’une tendance lente, et attendue, au réchauffement, imputable à l’effet de serre, la terrible sécheresse que le Sahel avait connu dans les années 60 et la série d’hivers extrêmement rigoureux observés dans l’hémisphère Nord au début des années 70, pouvaient être un signe avant-coureur de la plongée imminente de la Terre dans une nouvelle période glaciaire.

Ces faits contribuèrent cependant à porter de nouveau à l’attention de l’ONU les incidences de la variabilité et des changements du climat; en 1974, la sixième session extraordinaire de l’Assemblée générale invitait l’OMM à entreprendre une étude du changement climatique. L’OMM mit en place un comité d’experts du changement climatique auprès de son Comité exécutif qui, dans son rapport final (Gibbs et al., 1977), réfutait pour l’essentiel les spéculations des tenants du refroidissement planétaire et réitérait que la communauté scientifique dans son ensemble escomptait un réchauffement par effet de serre, tout en soulignant l’importance qu’il y avait à faire meilleur usage des connaissances climatologiques existantes pour apprendre à faire face à l’importante variabilité naturelle du climat. C’est sur la base de ce rapport que l’OMM allait commencer à œuvrer pour un Programme climatologique mondial interinstitutions et prendre la décision de convoquer en 1979 une conférence mondiale sur le climat.

La Conférence mondiale sur le climat de 1979

La Conférence mondiale sur le climat de 1979, plus connue aujourd’hui sous le nom de première Conférence mondiale sur le climat (CMC-1) fut organisée par un comité présidé par Robert M. White des états-Unis. Elle eut lieu du 12 au 23 février 1979 au Centre international de conférences de Genève (figure 2), à l’invitation de l’OMM, en collaboration avec l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO), l’Organisation des Nations Unies pour l’agriculture et l’alimentation (FAO), l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), le CIUS et d’autres partenaires encore, l’objet étant de réunir une «conférence mondiale d’experts du climat et du genre humain». Quelque 350 spécialistes représentant 53 pays et 24 organisations internationales, et des disciplines aussi diverses que l’agriculture, les ressources en eau, les pêcheries, l’énergie, l’environnement, l’écologie, la biologie, la médecine, la sociologie et l’économie participèrent à la première semaine de travaux (White, 1979).

réunion   Figure 2 — Ouverture de la Conférence mondiale sur le climat, février 1979. De gauche à droite: R. Schneider, Secrétaire général adjoint de l’OMM; F. Mayor, Directeur général adjoint de l’UNESCO; R.W. Phillips, Directeur général adjoint de la FAO; M.K. Tolba, Directeur exécutif du PNUE; H. Mahler, Directeur général de l’OMS; K.K.S. Dadzie, Directeur général pour le développement et la coopération économique internationale de l’ONU; D.A. Davies, Secrétaire général de l’OMM; R.M. White, Président de la Conférence; Ju.A. Izrael, Premier Vice-Président par intérim de l’OMM;  E.K. Fedorov; Sir John Kendrew, Secrétaire général du CIUS; O. Vasiliev, Directeur adjoint de l’IIASA; et H. Taba, Directeur de la Planification des programmes et des relations avec l’ONU au Secrétariat de l’OMM.
     

A l’issue d’une seconde semaine de délibérations en formation plus restreinte – 100 experts internationaux avaient été invités à cet effet –, les organisateurs publièrent une Déclaration de la Conférence mondiale sur le climat, en forme d’appel aux nations:

La Conférence mondiale sur le climat a pris la mesure de l’influence omniprésente du climat sur les activités humaines et a exhorté les nations du monde entier à engager, sans tarder, l’action requise pour:

  • Tirer pleinement parti des connaissances actuelles sur le climat;
  • Prendre des mesures afin de faire progresser ces connaissances de manière significative;
  • Prévoir et prévenir les changements climatiques qui seraient dus à l’activité de l’homme et dont les effets seraient néfastes pour le bien-être de l’humanité.

La Déclaration de la CMC-1 (OMM, 1979a)) demandait instamment à toutes les nations d’apporter un soutien résolu au projet de Programme climatologique mondial et proposait des stratégies immédiates en vue d’aider les pays à faire meilleur usage de l’information climatologique dans l’élaboration de leurs plans de développement économique et social.

Mise en place du Programme climatologique mondial

Au lendemain de la Conférence, l’OMM a rapidement pris les dispositions voulues pour concrétiser la mise en place d’un Programme climatologique mondial. Le Huitième Congrès météorologique  mondial (Genève, avril-mai 1979) a ainsi convenu qu’en tant qu’institution spécialisée dans la météorologie – et donc dans le temps comme dans le climat – au sein du système des Nations Unies, l’OMM se devait d’assumer un rôle de chef de file dans la promotion d’études sur la variabilité et le changement climatiques, ainsi que sur leurs implications pour la société et l’environnement (OMM, 1979b)).

C’est ainsi que l’OMM a officiellement mis en place le Programme climatologique mondial, avec ses quatre volets, le Programme mondial de données climatologiques (PMDC), le Programme mondial des applications climatologiques (PMAC), le Programme mondial de recherche climatologique (PMRC) (au départ intitulé «Programme de recherche sur le changement et la variabilité climatiques»), et le Programme mondial d’étude d’impact climatologique (PMEC) – les quatre volets reprenant d’assez près les recommandations de la Conférence mondiale sur le climat.

Le Congrès a cependant reconnu que les questions climatologiques étaient d’ores et déjà en train de prendre un tour très multidisciplinaire et que la mise en œuvre du Programme climatologique mondial exigeait la participation de nombre d’autres institutions onusiennes, dont l’UNESCO, la FAO, l’OMS et le PNUE, ainsi que de la communauté scientifique, par le truchement du CIUS.

C’est ainsi que le Congrès a demandé que ces entités assurent le co-parrainage de l’ensemble du PCM, et invité le PNUE à devenir le chef de file pour le PMEC. Il a de plus convenu que le PMRC serait mis en œuvre en tant qu’initiative commune de l’OMS et du CIUS, aux termes d’un accord découlant tout naturellement du co-parrainage OMS/CIUS du GARP, en place depuis 1967. L’exécution du PMDC a quant à elle été confiée à la Commission des applications spéciales de la météorologie et de la climatologie (CASMC), prédécesseur et successeur de la Commission de climatologie (CCl) de l’OMM.

Le Congrès avait un temps envisagé d’organiser une conférence ministérielle et de mettre en place un mécanisme de coordination intergouvernemental et interinstitutionnel mondial pour le PCM; estimant l’initiative prématurée, il a finalement préféré favoriser une mise en œuvre rapide des quatre volets, la liaison étant assurée par un Bureau du PCM. Les pays Membres ont été invités à mettre en place leurs propres programmes climatologiques nationaux dans le cadre général du PCM, pour lequel le Congrès avait adopté un calendrier ambitieux de mise en œuvre d’ensemble (Zillman, 1980).

La Conférence de Villach de 1985 et le rapport SCOPE

La préparation et la réalisation de projets et d’activités dans le cadre des quatre volets constitutifs du PCM ont continué à un rythme soutenu tant au plan national qu’au plan international jusqu’au début des années 80, les chercheurs s’intéressant tout particulièrement au rôle que des concentrations atmosphériques croissantes de gaz à effet de serre pouvaient jouer dans l’émergence d’un réchauffement planétaire. En octobre 1985, le PNUE, l’OMM et le CIUS organisaient une conférence internationale d’évaluation du rôle du dioxyde de carbone et d’autres gaz à effet de serre notamment dans la variabilité climatique. Aujourd’hui connue sous le nom de «Conférence de Villach», cette manifestation réunit des scientifiques de 29 pays qui adoptèrent une déclaration au retentissement impressionnant, dans laquelle ils évoquaient pour la première moitié du XXIe siècle les plus importantes augmentations de température jamais observées (OMM, 1986). Ce texte reprenait bon nombre des conclusions d’un travail d’évaluation alors en cours sous les auspices du Comité scientifique des problèmes de l’environnement (SCOPE) du CIUS. (Bolin et al., 1986)

La Conférence de Villach, dans cette déclaration finale, faisait aux gouvernements et autres bailleurs de fonds une série de recommandations sur les travaux de surveillance et de recherche nécessaires pour mieux spécifier la nature de la menace et, plus important encore, demandait notamment au PNUE, à l’OMM et au CIUS:

  • De veiller à ce que des évaluations soient périodiquement entreprises de l’état des connaissances scientifiques en la matière, et de ses incidences pratiques; et
  • De lancer, le cas échéant, le débat sur un projet de convention mondiale.

Le Congrès de l’OMM de 1987

En mai 1987, le Dixième Congrès météorologique mondial allait examiner à la fois les résultats de la Conférence de Villach et des informations préliminaires sur les conclusions qu’allait publier la Commission mondiale sur l’environnement et le développement (la Commission Brundtland), largement inspirées des conclusions de Villach et qui soulignaient que le réchauffement planétaire risquait de compromettre gravement le développement durable (CMED, 1987). De nombreuses délégations nationales se tournèrent alors vers l’OMM, lui demandant de fournir des informations fiables sur l’état des connaissances en matière de changement climatique d’origine anthropique. Le Congrès reprit la recommandation de Villach demandant que des évaluations périodiques de l’état des connaissances scientifiques en la matière soient entreprises, mais estima que le mécanisme d’évaluation devait être placé sous l’autorité d’ensemble des gouvernements plutôt que de ne dépendre que de scientifiques siégeant ès qualités (OMM, 1987). Le Congrès et le Comité exécutif de l’OMM, réunis au lendemain du Congrès, autorisèrent le Secrétaire général à engager des consultations avec le Directeur exécutif du PNUE pour créer ce qui allait bientôt devenir le Groupe d’experts intergouvernemental OMM/PNUE sur l’évolution du climat (GIEC).

La Conférence de Toronto

La Conférence mondiale sur l’atmosphère en évolution: implications pour la sécurité du globe (dite Conférence de Toronto) se tint à Toronto, au Canada, du 27 au 30 juin 1988. Plus de 300 chercheurs et décideurs y participèrent. La Conférence invita les gouvernements, l’Organisation des Nations Unies et ses institutions spécialisées, le secteur privé, les établissements d’enseignement, les organisations non gouvernementales et les particuliers «à prendre des mesures spécifiques pour réduire la crise qui se profile du fait de la pollution atmosphérique».

La Déclaration adoptée à l’issue de la Conférence de Toronto appelait ainsi à accorder des ressources accrues à la recherche et à la surveillance dans le cadre du PCM, à appuyer le travail du futur GIEC et à mettre au point une convention mondiale de grande portée, qui serve de cadre à des protocoles de protection de l’atmosphère (Pearman et al., 1989; OMM, 1989).

Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat

La première session du Groupe d’experts intergouvernemental OMM/PNUE sur l’évolution du climat (GIEC), tenue à Genève en novembre 1988, allait préciser le principe même de son fonctionnement (un mécanisme d’évaluation par des experts placés sous contrôle intergouvernemental), mettre en place une structure de travail en trois groupes, et lancer le programme de travail dont l’aboutissement serait le premier Rapport d’évaluation, approuvé à la quatrième session du GIEC à Sundsvall (Suède) en août 1990, au terme de négociations longues et difficiles.

Sous la houlette de ses trois présidents successifs, le GIEC allait mettre en œuvre des procédures d’évaluation et d’examen de plus en plus rigoureuses et systématiques, publiant son deuxième rapport d’évaluation en 1996, son troisième rapport en 2001 et son quatrième rapport en 2007, en sus d’un certain nombre de rapports spéciaux et autres documents techniques. Il travaille actuellement à son cinquième rapport d’évaluation.

Si certains le trouvent par trop prudent et d’autres trop politique et alarmiste, dans l’ensemble ses parrains – les gouvernements et autres autorités compétentes de la Convention-cadre des Nations Unies sur le changement climatique (voir ci-après) – estiment qu’il est une source crédible et fiable d’informations scientifiques relatives à l’impact du changement climatique (Bolin, 2007; Zillman, 2007). Officiellement, le GIEC reste un mécanisme subsidiaire de l’OMM et du PNUE, et fait d’ailleurs régulièrement rapport aux organes de direction de ces deux institutions, mais en pratique le Groupe est devenu une organisation intergouvernementale indépendante.

La deuxième Conférence mondiale sur le climat

La deuxième Conférence mondiale sur le climat (CMC-2) s’est tenue sous les auspices de l’OMM, de l’UNESCO, du PNUE, de la FAO et du CIUS, à Genève, du 29 octobre au 7 novembre 1990. Elle a comporté deux parties: six jours de présentations scientifiques et techniques et de discussions auxquelles ont participé 747 personnes provenant de 116 pays, suivis de deux jours de session ministérielle, avec 908 participants venus de 137 pays. La Conférence s’est tenue au Centre international de conférences de Genève, mais l’ouverture et la session ministérielle ont eu lieu au Palais des Nations, avec interventions de deux chefs d’état et de quatre chefs de gouvernement (Jäger et Ferguson, 1991).

Obasi   Figure 3 —Le Secrétaire général de l’OMM, G.O.P. Obasi, prenant la parole lors de l’ouverture de la session ministérielle de la deuxième Conférence mondiale sur le climat, au Palais des Nations, Genève, le 6 novembre 1990. Derrière lui (de gauche à droite), S.E. E. Fenech-Adami, Premier Ministre, Malte; S.E. Mme M. Thatcher, Premier Ministre, Royaume-Uni; S.M. le roi Hussein I de Jordanie; le Conseiller fédéral A. Köller, Président de la Confédération suisse; M. Rocard, Premier Ministre, France; et S.E. B. Paeniu, Premier Ministre, Tuvalu.
     

L’objectif initial de la CMC-2, tel qu’il avait été envisagé lors du démarrage des travaux de préparation en 1986, était de dresser le bilan de la première décennie du PCM. Le programme de la Conférence comportait d’ailleurs un certain nombre d’examens tout à fait intéressants tant du PCM dans son ensemble (Bruce, 1991) que de ses divers volets (Boldirev, 1991), examinant notamment les grandes réalisations en matière d’application des informations climatologiques aux domaines critiques que sont l’alimentation, l’eau, l’énergie, et la conception des villes et des bâtiments. Le second objectif de la Conférence est, lui, apparu assez tard, alors que les préparatifs étaient déjà bien avancés: il s’agissait d’entreprendre un premier examen international du premier Rapport d’évaluation du GIEC (Bolin, 1991; Coughlan et Nyenzi, 1991) afin de préparer les négociations en vue d’une Convention-cadre des Nations Unies sur le changement climatique, qui devaient commencer à Washington en février 1991 et se conclure à temps pour une signature au Sommet de la Terre, à Rio, en juin 1992.

La partie scientifique de la CMC-2 – cinq tables rondes pour spécialistes et 12 réunions de groupes – allait produire des recommandations concernant les actions à mener dans des domaines tels que les denrées alimentaires, l’eau, l’énergie et l’aménagement du territoire. Les sept pages de la Déclaration finale adoptée par la Conférence reprenaient nombre des thèmes débattus en groupe, y compris une recommandation demandant la mise en place de toute urgence d’un Système mondial d’observation du climat (SMOC).

La Déclaration ministérielle adoptée par consensus après de longues négociations tenues le dernier jour comportait quant à elle cinq pages, où se lisait l’appel le plus général à l’action internationale en matière de changement climatique paru à ce jour. Ce texte fixait les paramètres essentiels de la négociation de la CCNUCC et invitait le Onzième Congrès météorologique mondial – qui devait se tenir peu de temps après – à renforcer les programmes de recherche et de surveillance du PCM en consultation avec l’UNESCO, le PNUE, la FAO, le CIUS et les autres institutions internationales concernées.

Mise en place du Système mondial d’observation du climat

à la lumière des déclarations adoptées par la CMC-2, le président du Comité scientifique mixte (CSM) pour le PMRC a immédiatement entrepris de convoquer une réunion d’experts pour établir le cahier des charges du futur Système mondial d’observation du climat. La réunion s’est tenue auprès du Bureau météorologique du Royaume-Uni, à Winchester, en janvier 1991 (Winchester Group, 1991), et en a arrêté le principe et les parrainages. Ceux-ci ont ensuite été adoptés par les organes directeurs des parrains envisagés, de telle sorte que début 1992, un protocole d’accord pour la mise en place du SMOC était signé par l’OMM, la COI, le PNUE et le CIUS. Un Bureau de planification mixte était alors mis en place au siège de l’OMM à Genève, les membres du Comité scientifique et technique mixte pour le SMOC étaient nommés et, à la mi-1995, un plan complet pour le SMOC était finalisé (GCOS, 1995).

Le principe de base sous-tendant le SMOC était de rassembler les divers volets des systèmes d’observation existants pertinents pour l’étude du climat: il s’agissait donc d’articuler le Système mondial d’observation météorologique et la Veille de l’atmosphère globale, pour ce qui était des observations atmosphériques, ainsi que les tout nouveaux (à l’époque), Système mondial d’observation de l’océan (GOOS) et Système mondial d’observation terrestre (SMOT), également parrainés par plusieurs des co-organisateurs de la CMC-2. Le SMOC avait pour mission principale de fournir des observations aux divers volets du PCM, au GIEC et la CCNUCC.

Depuis lors, le SMOC a continué d’évoluer: à compter de 1998 il s’est surtout concentré sur l’appui à la CCNUCC (voir ci-après) (SMOC, 2004). Si son principe de fonctionnement a donné lieu à beaucoup de malentendus et sa mise en œuvre a souffert d’une dotation en ressources très insuffisante dans les pays développés comme dans les pays en développement, on reconnaît aujourd’hui qu’il s’agit là du cadre international approprié pour assurer la mise à disposition des observations nécessaires à des fins climatologiques au niveau tant national qu’international et ce, pour toutes les échelles spatiotemporelles (Sommeria et al., 2007).

Restructurer le Programme climatologique mondial

Le Onzième Congrès météorologique mondial (mai 1991) a réagi aux recommandations de la CMC-2 en développant et restructurant le PCM, en créant un Comité interinstitutions du Programme d’action pour le climat (CIPAC), en institutionnalisant le rôle d’appui essentiel du SMOC et en préfigurant une réunion intergouvernementale pour revoir les dispositions relatives à la coordination et définir une stratégie permettant d’accroître les ressources du PCM comme du SMOC.

Après la restructuration, les quatre volets du PCM sont devenus:

  • Le Programme mondial des données climatologiques et de surveillance du climat (PMDSC);
  • Le Programme mondial des applications et des services climatologiques (PMASC);
  • Le Programme mondial d’évaluation des incidences du climat et de formulation de stratégies de parade (PMICSP);
  • Le Programme mondial de recherche sur le climat (PMRC).

L’ancien Comité consultatif pour les programmes mondiaux des applications et des données climatologiques (CCADC) a, par ailleurs, été élargi pour regrouper l’ensemble des institutions travaillant sur les aspects climatiques du développement socio-économique et la COI, invitée à rejoindre l’OMM et le CIUS en tant que co-organisateur du PMRC (OMM, 1991).

La structure hiérarchique et les dispositions organisationnelles issues de la restructuration du Programme climatologique mondial au lendemain du Congrès de 1991 sont illustrées de manière schématique à la figure 4.

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Figure 4 — Structure organisationnelle et parrainage du Programme climatologique mondial (PCM) au lendemain de la deuxième Conférence mondiale sur le climat (CMC), mettant notamment en évidence le rôle essentiel joué par le Système mondial d’observation du climat (SMOC) et l’articulation de ses travaux avec le Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (GIEC) et l’Organe subsidiaire du Conseil scientifique et technologique (SBSTA) de la Conférence des Parties (COP) à la Convention-cadre des Nations Unies pour le changement climatique (CCNUCC).

 

Négociation de la CCNUCC

Sur la base des preuves scientifiques résumées dans le premier Rapport d’évaluation du GIEC et conformément aux indications de la CMC-2, le Comité intergouvernemental de négociation de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC), créé par l’Assemblée générale des Nations Unies à sa quarante-cinquième session (1990), a commencé deux années de négociations pour le moins intenses,  qui ont abouti à un accord sur la Convention-cadre le 9 mai 1992. La Convention, dont les articles 4 et 5 comportent des engagements spécifiques en matière d’observation systématique et de recherche, afin de permettre la réalisation de son objectif («stabiliser les concentrations de gaz à effet de serre dans l’atmosphère à un niveau qui empêche toute perturbation anthropique dangereuse du système climatique»), a été signée par 155 pays lors du Sommet de la Terre, à Rio, en juin 1992, et, est entrée en vigueur, le 21 mars 1994 (Mintzer et Leonard, 1994).

à sa première session, la Conférence des Parties à la CCNUCC est parvenue à un accord sur la création de ses organes subsidiaires, dont l’Organe subsidiaire de conseil scientifique et technologique, qui assure au premier chef le lien entre le travail scientifique et technique du SMOC, du PMRC et du GIEC et le rôle directeur au plan international de la COP. 

Les liens qu’établissent les articles 4 et 5 de la Convention entre celle-ci et le SMOC ont été grandement resserrés par la réaction de la troisième session de la COP (Kyoto, 1997) aux conclusions de la Conférence internationale sur le PMRC tenue cette même année. Ils se sont vus encore renforcés, tout comme le rôle du PMRC en matière de recherche, à l’occasion de l’adoption par la COP-13, en 2007, du Plan d’action de Bali, qui précise les besoins conséquents d’information scientifique liés à l’adaptation, au changement climatique et à l’atténuation de ses effets.

Le Programme «Action pour le climat»

La réunion intergouvernementale sur le Programme climatologique mondial tenue en avril 1993 à la demande du Congrès de l’OMM de 1991 afin de mettre en place un large cadre intergouvernemental pour assurer le développement futur du PCM et du SMOC, en les dotant des ressources nécessaires  (OMM, 1993), avait été co-organisée par les parrains historiques du PCM (l’OMM, l’UNESCO et sa COI, le PNUE, la FAO et le CIUS), en collaboration avec le Programme des Nations Unies pour le développement. Trois cent soixante délégués venus de 134 pays et 83 experts représentant 37 organisations internationales intergouvernementales et non gouvernementales y participèrent. La réunion entérina le concept d’un Programme d’action pour le climat et, dans les neuf pages de sa déclaration, demandait que soit élaborée une proposition complète à l’intention des gouvernements, portant sur quatre grands thèmes:

  • Observations dédiées du système climatique;
  • Nouveaux horizons de la climatologie et de la prévision;
  • Travaux visant à appuyer les évaluations d’impact sur le climat et les stratégies de nature à réduire les vulnérabilités; et
  • Services climatologiques et développement durable.

La réunion a plus particulièrement appelé au lancement de programmes climatologiques nationaux dans tous les pays, en vue d’accélérer la mise en œuvre du PCM et de permettre la réalisation des objectifs convenus du Programme d’action pour le climat.

Dans le cadre de son suivi de la réunion intergouvernementale, le Onzième Congrès météorologique mondial (1997) autorisait la mise en place d’un Comité interinstitutions du Programme d’action pour le climat (CIPAC), qui a chapeauté le mécanisme de coordination des SMOC, GIEC, PCM et autres activités et programmes internationaux pendant le reste des années 90. L’élaboration de propositions détaillées concernant la dotation en ressources du SMOC, du PCM et du Programme d’action pour le climat n’allait cependant guère progresser, faute d’accord tant sur un nouveau cadre de coordination internationale des activités en matière de climat que sur l’examen de propositions visant à organiser une troisième Conférence mondiale sur le climat. 

Tenir une troisième Conférence mondiale sur le climat

Dès la deuxième moitié des années 90, une inquiétude s’était fait jour, car la réunion intergouvernementale de 1993 n’avait pas réussi à mobiliser les ressources supplémentaires indispensables pour renforcer les réseaux d’observation du climat, la recherche et la prestation de services climatologiques destinés tant à satisfaire les besoins spécifiques de la CCNUCC qu’à faire face au défi planétaire plus général présenté par la persistance de la variabilité et du changement climatique. Des pressions commencèrent alors de se manifester à l’OMM et dans d’autres milieux, pour que l’organisation convoque une troisième Conférence mondiale sur le climat vers la fin de la décennie. L’idée n’eut cependant pas d’écho unanimement favorable et nombre de ceux qui étaient intervenus dans l’organisation des con-
férences précédentes tenues sous les auspices de l’OMM appuyèrent plutôt la préparation de la Conférence mondiale sur les changements climatiques qui eut lieu à Moscou en septembre-octobre 2003 (Izrael et al., 2004). à terme, toutefois, et sous la houlette du Groupe consultatif sur le climat et l’environnement mis en place par le Conseil exécutif de l’OMM en 1999, des propositions spécifiques furent élaborées et soumises auTreizième Congrès météorologique mondial de 2003, pour considération. 

Certains pays s’opposèrent toutefois vigoureusement à la tenue d’une troisième Conférence mondiale sur le climat et le Congrès se contenta donc de demander au Conseil exécutif de continuer d’étudier la proposition.

Montée en puissance du concept d’adaptation

Sous l’effet du troisième Rapport d’évaluation du GIEC paru en 2001, du Sommet mondial pour le développement durable  tenu à Johannesburg en 2002 et de la prise de conscience croissante, à la CCNUCC comme dans d’autres instances, que le défi mondial des changements climatiques allait devoir être abordé moyennant des efforts conjugués d’atténuation et d’adaptation, la communauté internationale s’est rapidement rendue compte qu’il lui faudrait disposer d’informations climatologiques complètes pour appuyer les stratégies nationales et internationales de réduction des émissions de gaz à effet de serre et d’adaptation aux inévitables changements climatiques. Il paraissait de plus en plus pressant de procéder à des réductions d’échelle des projections de changements climatiques pour appuyer l’adaptation aux niveaux régional, national et local.

Cette évolution a pour sa part souligné à quel point des initiatives internationales antérieures telles le projet de Services d’information et de prévision climatologiques (CLIPS) du Programme mondial des applications et des services climatologiques demeuraient importantes: elles permettaient en effet d’encadrer les besoins croissants de services
climatologiques complets dans tous les pays. Les défis scientifiques et pratiques posés par la nécessité d’améliorer l’information climatologique face à la variabilité du climat et aux changements climatiques allaient être abordés de manière complète par deux importantes conférences organisées par l’OMM en 2006 et 2007: 

  • La Conférence «Variabilité du climat et le changement climatique: levée des incertitudes et gestion des risques», tenue en juillet 2006 à Espoo, en Finlande (OMM, 2009a)); et
  • La Conférence «Sécurité et avenir de l’humanité: les avantages socio-économiques des services météorologiques, climatologiques et hydrologiques», tenue en mars 2007 à Madrid (OMM, 2009b)).

Les besoins d’information liés à la problématique de l’adaptation ont quant à eux été définis de manière systématique par une série d’initiatives relevant du programme de travail de Nairobi de la CCNUCC.

graphique
 
Figure 5 — Le projet de nouveau Cadre mondial pour les services climatologiques, où un Système mondial d’observation du climat (SMOC) et un Programme mondial de recherche climatologique (PMRC) renforcés appuieraient les volets étroitement liés que sont les applications et les informations, dans le cadre d’un système mondial de services climatologiques destiné à compléter et à appuyer les travaux d’évaluation et de définition des politiques du GIEC et de la CCNUCC en vue de réaliser l’atténuation du changement climatique et l’adaptation à ses effets.

 

Préparer la CMC-3

La communauté internationale insistant pour obtenir des prévisions et des informations climatologiques toujours plus détaillées et fiables, près d’une décennie après que le besoin en avait initialement été perçu au sein de l’OMM, le Quinzième Congrès météorologique mondial (2007) approuvait l’organisation d’une troisième Conférence mondiale sur le climat (CMC-3) avant la fin octobre 2009, dont le thème serait «la prévision climatique pour la prise de décisions, en particulier aux échelles saisonnières à interannuelles, compte tenu des prévisions pluridécennales».

à la demande du Congrès et du Conseil exécutif, le Secrétaire général de l’OMM mettait alors en place un Comité international d’organisation de la troisième Conférence mondiale sur le climat de quelque 24 membres, appuyés par les représentants de 27 organisations co-parrainantes ou partenaires. Le Comité s’est réuni en février et septembre 2008, ainsi qu’en mars 2009 pour affiner le concept de la réunion et diriger les préparatifs de la CMC-3, celle-ci devant proposer comme perspective «un cadre mondial pour les services climatologiques qui établira un lien entre, d’une part, les activités proprement scientifiques d’information et de prévision climatologiques et, d’autre part, la gestion des risques liés au climat et l’exploitation des possibilités offertes, tout en favorisant l’adaptation à la variabilité du climat et aux changements climatiques, dans les pays développés comme dans les pays en développement». 

L’unité d’action des Nations Unies

Suite à l’adoption, en décembre 2007, du Plan d’action de Bali par la CCNUCC et d’une série de résolutions par diverses instances, dont l’Assemblée générale des Nations Unies, le Secrétaire général de l’ONU, par le truchement du Conseil de coordination des chefs de secrétariat des organismes des Nations Unies et de son Comité de haut niveau sur les programmes, a lancé un processus destiné à garantir la cohérence et la coordination de la réaction du système onusien au défi de la variabilité du climat et des changements climatiques. Il s’est d’abord agi de définir cinq grands thèmes (l’adaptation, le renforcement des capacités, le financement, la réduction des émissions imputables au déboisement et à la dégradation des forêts, et le transfert de technologie) et quatre axes transsectoriels d’action du système des Nations Unies, dont un, confié conjointement à l’OMM et à l’UNESCO, a pour définition «travaux scientifiques, évaluations, suivi et alertes précoces» («connaissance du climat»).

En tant que première grande initiative de l’unité d’action des Nations Unies pour ce qui est de la connaissance du climat, la CMC-3 a été conçue pour piloter la mise en place d’un nouveau cadre mondial pour les services climatologiques, en vue de répondre aux besoins d’information – en croissance rapide – liés à la réponse que le XXIe siècle se doit d’apporter aux défis de la variabilité du climat et des changements climatiques. C’est avec succès que l’OMM a créé et gère aujourd’hui encore le cadre international qui assure toute une gamme de services météorologiques et connexes. Ces succès et les enseignements que l’on peut en tirer motiveront et guideront la mise en place d’une large gamme de services climatologiques nouveaux et performants, pour appuyer l’adaptation à la variabilité du climat et aux changements climatiques.

Conclusion

La nouvelle structure mondiale que propose la CMC-3 pour encadrer les services climatologiques se veut le résultat concret d’importance de cette manifestation: elle a tout lieu de tirer parti de 50 années de progrès scientifiques remarquables ainsi que des bases institutionnelles solides que lui confèrent les mécanismes internationaux d’observation, de recherche et d’évaluation climatologiques mis en place par l’OMM et ses organisations partenaires au cours des 30 années qui se sont écoulées depuis la première et historique Conférence mondiale sur le climat de février 1979.

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* Président du Comité d’organisation de la troisième Conférence mondiale sur le climat; ancien Président de l’OMM (1995-2003) et ancien Président du International Council of Academies of Engineering and Technological Sciences (2005).

 

 

 

 

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