Troisième Conférence mondiale sur le climat: vers la mise en place d’un cadre mondial pour les services climatologiques

 


 

Introduction

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L’énormité de l’enjeu climatique exige une réaction globale et coordonnée de la communauté mondiale. Dans la tradition des deux premières conférences mondiales sur le climat, la troisième de ces conférences devrait donner jour à un mécanisme permettant d’«en savoir plus sur le climat pour préparer l’avenir». On a déjà beaucoup travaillé dans le but de mettre sur pied un cadre mondial pour les services climatologiques dans cette optique précise.

Un cadre mondial devrait constituer un résultat concret et significatif de la Conférence. Il peut tirer parti des remarquables progrès scientifiques des 50 dernières années et des solides fondations institutionnelles que sont les mécanismes internationaux d’observation et d’évaluation du climat et de recherche sur celui-ci mis en place par l’OMM et ses partenaires au cours de 30 ans qui se sont écoulés depuis la première Conférence mondiale sur le climat, organisée en février 1979.

Pourquoi un cadre mondial pour les services climatologiques est-il nécessaire?

Dans de nombreux secteurs sensibles au climat – eau, agriculture, pêche, santé, forêts, transports, tourisme, énergie, gestion des risques de catastrophes –, les décideurs sont de plus en plus préoccupés par les incidences négatives croissantes des phénomènes climatiques, mais ils sont mal armés pour exploiter les informations climatologiques existantes. Il est urgent de mettre sur pied un cadre mondial qui définisse les rapports entre prestataires et utilisateurs de services climatologiques afin que les informations climatiques pertinentes soient intégrées dans l’élaboration des politiques et la prise de décisions.

Les progrès récents de la science et de la technique offrent la perspective d’une amélioration continue des informations et des services de prévision climatologiques. En particulier, l’intégration des prévisions saisonnières à décennales et des projections clima-
tiques à long terme dans la prise de décisions concernant tous les secteurs socio-économiques va garantir davantage d’à-propos et d’efficacité et un meilleur ciblage des décisions concernant l’adaptation.

Afin de répondre au besoin d’informations climatiques et créer des rapports efficaces entre scientifiques et décideurs, l’OMM et ses partenaires, qui coparrainent la Conférence, proposent l’élaboration et la mise en place d’un nouveau cadre mondial pour les services climatologiques, qui aura pour objet de garantir l’adaptation au climat et la gestion des risques climatiques grâce à l’intégration d’informations et de prévisions scientifiques sur le climat dans les politiques générales et les pratiques adoptées à tous les niveaux.

Qu’est-ce que le cadre mondial pour les services climatologiques?

Le cadre comprendra quatre grands éléments: observation et surveillance, recherche et modélisation, un système d’information sur les services climatologiques et un programme d’application des services climatologiques. Les deux premiers éléments sont déjà bien établis, mais ils ont besoin d’être renforcés. Le troisième élément, le Système d’information sur les services climatologiques, s’appuie notamment sur des composantes existantes du Programme climatologique mondial en en élargissant la portée. Le quatrième, le Programme d’application des services climatologiques, est nouveau: il exigera un vaste partenariat entre diverses organisations internationales et nationales afin que les informations sur le climat parviennent effectivement aux décideurs de tous les secteurs socio-économiques.

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Eléments du
Cadre mondial pour
les services climatologiques

Le Système d’information sur les services climatologiques sera fondé sur des programmes mondiaux existants tels que l’actuel Programme climatologique et ses diverses composantes; il renforcera et développera des institutions existantes, leur infrastructure et leurs mécanismes. Le Système synthétisera les renseignements émanant des deux premiers éléments grâce à un réseau d’institutions mondiales, régionales et nationales et assurera la conception et la mise en œuvre de services d’information et de prévision destinés aux usagers. Il garantira en particulier la normalisation, l’échange et l’assurance qualité des informations, qu’il transmettra aux décideurs d’envergure mondiale à locale. Le Système renforcera les capacités des prestataires de services météorologiques nationaux et régionaux dans les pays en développement et dans les pays les moins avancés, dont l’apport est essentiel à l’amélioration des produits d’information climatologique d’importance régionale et nationale.

Le nouveau Programme d’application des services climatologiques mettra en rapport les fournisseurs et les utilisateurs d’informations climatologiques. Il comblera le fossé entre l’information climatologique produite par des climatologues et des prestataires de services et les besoins pratiques des utilisateurs de cette information et des décideurs. Le Programme soutiendra et établira les partenariats institutionnels nécessaires, la recherche interdisciplinaire, l’innovation, la mise au point d’outils d’aide à la décision, les pratiques de gestion des risques climatiques, l’acquisition de connaissances, l’évaluation et la mise en œuvre de pratiques exemplaires, l’éducation, le renforcement des capacités et l’application des services à la prise de décisions.

Que permettra le cadre mondial pour les services climatologiques?

Le cadre garantira la gestion des risques de catastrophes et la réduction de la pauvreté et contribuera à la réalisation d’objectifs déterminés sur le plan international, comme les objectifs du Millénaire pour le développement formulés par les Nations Unies. La mise en œuvre du cadre permettra aussi:

  • Le renforcement des réseaux nationaux d’observation et des systèmes de gestion de l’information pour des variables climatiques et liées au climat;
  • Le renforcement des capacités de modélisation et de prévision du climat grâce à l’élargissement de la recherche internationale sur le climat à une échelle saisonnière à décennale;
  • L’amélioration des dispositions pour la prestation de services climatiques nationaux fondée sur le perfectionnement des réseaux d’observation et des modèles de prévision et sur un resserrement des rapports avec les usagers;
  • Une utilisation plus efficace des services mondiaux, régionaux et nationaux d’information et de prévision climatologiques dans les secteurs sensibles au climat de tous les pays;
  • De tirer de vastes avantages économiques, sociaux et environnementaux de l’amélioration de l’information sur la gestion des risques climatiques et de la capacité d’adaptation à la variabilité et à l’évolution du climat.

Qui va participer au cadre mondial pour les services climatologiques ?

Outre la production de données climatologiques, pour laquelle l’OMM est un leader mondial incontesté, le cadre a besoin d’une collaboration et d’une sensibilisation des communautés de tous les secteurs socio-économiques, qui vont bénéficier de l’application des données et des informations climatologiques au développement des politiques et à la prise de décisions. La sensibilisation sera facilitée par des consultations avec un grand nombre de participants qui appartiennent à diverses organisations relevant ou non de l’ONU et avec des gouvernements.

La mise en place du cadre exigera une vaste collaboration et des partenariats. Les autorités nationales et locales, les institutions, les organisations non gouvernementales, la société civile, le secteur privé, les universités et les établissements de recherche vont contribuer au cadre. Celui-ci sera soutenu par l’ensemble du système des Nations Unies et par d’autres organisations qui contribuent aux connaissances climatologiques relevant de l’initiative de l’ONU «Unis dans l’action».

Comment sera financé le cadre mondial pour les services climatologiques ?

Il faudra assurer le soutien financier du cadre dans un délai défini grâce à une série de mécanismes. On prévoit que des engagements précis et l’appui de pays en développement et développés seront nécessaires pour préserver les institutions nationales et régionales appropriées. Les pays développés devraient faciliter la participation des pays les moins avancés et des pays en développement en tant que prestataires de services et qu’usagers.

Quelles sont les prochaines étapes de la mise en place du cadre mondial pour les services climatologiques?

Le cadre permettra la gestion des risques de catastrophes, la réduction de la pauvreté et la réalisation d’objectifs convenus sur le plan international, y compris les objectifs du Millénaire pour le développement, mais il sera difficile à une nouvelle initiative de s’imposer parmi diverses crises mondiales. C’est pour cette raison et pour influer le plus possible sur les décideurs que le Comité international d’organisation de la Conférence a décidé qu’une équipe spéciale composée de spécialistes représentant un large spectre des secteurs socio-économiques et des régions pourrait se mettre en rapport avec des experts mondiaux de toutes les disciplines.

À la suite de l’approbation à un niveau élevé du principe du cadre, il est proposé de constituer une équipe spéciale de conseillers indépendants soutenus par un groupe d’experts de divers horizons pour développer ce cadre conformément à la note d’orientation sur celui-ci approuvée par le Comité international d’organisation de la Conférence, en consultation avec tous les partenaires pertinents, dans les neuf mois précédant la Conférence. Dans ce même délai, l’équipe spéciale définirait un plan d’action, des indicateurs mesurables et une échéance pour la conception et la mise en œuvre du cadre, notamment en établissant un organe d’organisation globale de celui-ci et en indiquant les besoins en matière de financement. L’équipe spéciale ferait rapport au système onusien, aux gouvernements et à d’autres organisations compétentes pour ce qui est des prochaines étapes proposées pour l’établissement du Cadre et sa mise en œuvre par ces organisations.

Le cadre va contribuer à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques, au Plan d’action de Bali et en particulier au Programme de travail de Nairobi. Il alimentera les débats lors de la quinzième session de la Conférence des Parties à la Convention-cadre, qui aura lieu à Copenhague en décembre 2009. Il pourra enfin servir de mécanisme pour renforcer les capacités individuelles et collectives des nations afin qu’elles puissent s’adapter aux changements climatiques.

 

 

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