Le Comité des ouragans supprime Ida de sa liste de noms et se prépare pour la saison 2022

Le Comité des ouragans supprime Ida de sa liste de noms et se prépare pour la saison 2022

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27 avril 2022
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27042022

Genève, le 27 avril 2022 (OMM) – Le Comité des ouragans de l’Organisation météorologique mondiale (OMM) a supprimé Ida de la liste des noms utilisés en alternance pour baptiser les cyclones tropicaux de l’Atlantique en raison du très lourd bilan humain et matériel associé à l’ouragan de catégorie 4 ainsi dénommé qui a frappé les États-Unis d’Amérique en 2021.

Imani viendra compléter les listes de noms administrées par l’OMM pour faciliter la communication des avis de tempête et alerter les populations au sujet de risques potentiellement mortels. Ces noms sont réutilisés tous les six ans, à moins qu’ils ne soient associés à une tempête si meurtrière que l’on décide de les retirer de la liste, comme dans le cas d’Ida. Depuis 1953, année où le système actuel a été mis en place, 94 noms ont été supprimés des listes utilisées pour le bassin atlantique.

Bien connue du grand public, cette nomenclature ne constitue en réalité qu’une infime partie du travail accompli par le Comité des ouragans pour sauver des vies humaines et qui s’articule autour de priorités opérationnelles, dont la diffusion de prévisions et d’alertes relatives aux risques associés au vent, aux ondes de tempête et aux inondations, ainsi que l’évaluation des impacts.

Hurricanes namesLe Comité des ouragans est composé d’experts des Services météorologiques et hydrologiques nationaux (SMHN) et sa zone de compétence correspond à la Région IV de l’OMM (Amérique du Nord, Amérique centrale et Caraïbes). Lors de sa session annuelle, qui s’est tenue en visioconférence du 25 au 28 avril, le Comité a fait le bilan d’une saison 2021 exceptionnellement active dans le bassin atlantique, et a mis la dernière main à ses préparatifs pour la saison 2022.

Dans l’Atlantique, la saison des ouragans dure officiellement du 1er juin au 30 novembre. Or on constate que, au cours de près de la moitié des quinze dernières années, et notamment pendant chacune des sept dernières années (2015‑2021), des tempêtes auxquelles il a fallu attribuer un nom se sont formées avant le début officiel de la saison. Dans l’attente des conclusions d’une étude technique menée par le Service météorologique national des États-Unis, le Comité des ouragans n’a pas examiné de résolution visant à avancer la date officielle du début de la saison.

«Les travaux du Comité des ouragans du Conseil régional IV sont essentiels pour assurer la coordination entre nos pays bien avant que la prochaine tempête ne menace. Les répercussions d’une seule tempête peuvent toucher plusieurs pays, il est donc essentiel que nous ayons un plan, que nous coordonnions nos efforts, que nous relevions ensemble les défis et que nous partagions les meilleures pratiques», a déclaré M. Ken Graham, Président du Comité des ouragans et Directeur du Centre météorologique régional spécialisé de l’OMM de Miami/Centre national des ouragans des États-Unis d’Amérique.

«Le nombre d’ouragans de catégorie 4 et de catégorie 5 ayant touché terre aux États‑Unis entre 2017 et 2021 est supérieur à celui qui avait été enregistré pour la totalité de la période comprise entre 1963 et 2016. Les ouragans ne se soucient pas des frontières internationales. Nous devons être préparés.»

«Selon les projections du sixième Rapport d’évaluation du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), la proportion des cyclones tropicaux de très forte intensité (catégories 4 et 5) se formant sur la planète devrait augmenter avec le réchauffement climatique, tout comme l’intensité de la pluie et la vitesse maximale des vents les accompagnant. Les pays en développement et les petites îles sont en première ligne. Les alertes précoces fiables ne sont plus un luxe, mais une nécessité», explique M. Evan Thompson, Président du Conseil régional de l’OMM pour l’Amérique du Nord, l’Amérique centrale et les Caraïbes et Directeur du Service météorologique national de la Jamaïque.

Chaque année, on attribue un nom à 84 cyclones tropicaux en moyenne dans le monde. Au cours des cinquante dernières années, ces phénomènes ont provoqué chaque jour en moyenne la mort de 43 personnes et des dégâts se chiffrant à 78 millions de dollars É.‑U. D’après les statistiques de l’OMM pour la période de 1970 à 2019, ils sont également responsables d’un tiers des décès et du préjudice économique résultant des catastrophes liées au temps, au climat et à l’eau. Le nombre de décès a toutefois enregistré une forte baisse grâce aux mesures coordonnées par le Programme concernant les cyclones tropicaux de l’OMM qui ont permis l’amélioration des prévisions, des alertes et de la prévention des catastrophes.

Le Secrétaire général de l’ONU, M. António Guterres, a chargé l’OMM d’élaborer un plan d’action afin que d’ici à cinq ans, chaque habitant de la planète soit protégé par des systèmes d’alerte précoce.

Cyclones tropicaux en 2021

Hurricanes namesSelon l’Administration américaine pour les océans et l’atmosphère (NOAA), l’année 2021 se classe au troisième rang des saisons les plus actives jamais observées, compte tenu du nombre de tempêtes auxquelles on a attribué des noms. Il s’agit de la sixième saison d’ouragans consécutive se situant au-dessus de la normale dans l’Atlantique. Pour la deuxième année de suite, la liste tournante des noms de l’OMM a été épuisée (ce qui est inédit).

La tempête Ida a été la plus dévastatrice de la saison. Ouragan de catégorie 4 (sur l’échelle de Saffir-Simpson) au plus fort de son intensité, elle a causé des dégâts graves à catastrophiques dans le sud-est de la Louisiane. Elle s’est ensuite transformée en une dépression extratropicale qui a provoqué de fortes pluies et des inondations meurtrières dans le nord-est des États-Unis. Dans ce pays, Ida a fait 55 morts et provoqué indirectement le décès de 32 autres personnes. D’après les estimations des Centres nationaux d’information sur l’environnement (NCEI) de la NOAA, le préjudice matériel occasionné aux États-Unis par les vents, les pluies, les ondes de tempête et les tornades associés à Ida s’élève à 75 milliards de dollars É.‑U.

Elsa est une autre tempête dévastatrice qui a atteint le stade d’ouragan de catégorie 1 en début de saison au-dessus du centre de l’Atlantique tropical. C’est le premier ouragan à avoir frappé directement la Barbade depuis Janet en 1955 et il a également touché d’autres pays des Caraïbes ainsi que les États-Unis.

Au total, parmi les phénomènes auxquels ont été attribués des noms, on dénombre 21 tempêtes associées à des vents d’une vitesse supérieure ou égale à 64 km/h (39 m/h), y compris sept ouragans (vents d’une vitesse supérieure ou égale à 118 km/h (74 m/h)), dont quatre étaient des ouragans majeurs (relevant au moins de la catégorie 3 de l’échelle de Saffir-Simpson qui en compte cinq, avec des vents d’une vitesse supérieure ou égale à 178 km/h (111 m/h)).

Des facteurs climatiques, tels que La Niña, des températures de surface de la mer supérieures à la normale en début de saison et des pluies de mousson inhabituellement abondantes en Afrique de l’Ouest sont les principales causes de cette saison 2021 hors du commun. Ce à quoi vient s’ajouter le phénomène de l’oscillation atlantique multidécennale qui est entré dans une phase chaude en 1995 et favorise l’augmentation du nombre, de l’intensité et de la durée des tempêtes.

La NOAA publiera ses prévisions pour la saison 2022 le 24 mai.

Tempêtes de début de saison

Il a été beaucoup question dans les médias de la possibilité d’avancer la date officielle du début de la saison pour tenir compte des tempêtes qui se produisent en mai. Il s’agit pour l’essentiel de systèmes hybrides (subtropicaux) de courte durée qui sont désormais recensés grâce à une amélioration de la surveillance et à l’évolution de la procédure d’attribution des noms aux tempêtes subtropicales.

Afin de fournir des informations plus cohérentes sur le potentiel des systèmes naissant fin mai et début juin, en 2021 le Centre national des ouragans a commencé à publier régulièrement des prévisions sur l’évolution du climat tropical pour l’Atlantique le 15 mai, pratique qui a également été adoptée à ce moment-là pour le Pacifique oriental.

En 2021, le Service météorologique national des États-Unis a constitué une équipe chargée de fixer des seuils quantitatifs qui permettront de décider s’il convient d’allonger ou de raccourcir la saison officielle des ouragans dans l’Atlantique, ainsi que d’examiner les conséquences potentielles du déplacement du début de la saison des ouragans au 15 mai. En attendant les conclusions de ces travaux, aucun changement ne sera apporté à la date marquant le début de la saison des ouragans dans l’Atlantique en 2022.

L’Organisation météorologique mondiale (OMM) est l’organisme des Nations Unies qui fait autorité pour les questions relatives au temps, au climat et à l’eau.

Site Web: public.wmo.int

Pour de plus amples renseignements, veuillez prendre contact avec Clare Nullis, attachée de presse (courriel: cnullis@wmo.int; Tél. port.: +41 (0)79.709.13.97

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