Nouvelle édition de l’Atlas international des nuages ou comment allier tradition du XIXe siècle et technologie du XXIe siècle

Nouvelle édition de l’Atlas international des nuages ou comment allier tradition du XIXe siècle et technologie du XXIe siècle

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Publié

22 mars 2017

Journée météorologique mondiale 2017: Comprendre les nuages

Genève, le 22 mars 2017 (OMM) – L’Organisation météorologique mondiale (OMM) vient de publier la nouvelle édition numérique, tant attendue, de l’Atlas international des nuages – référence mondiale pour l’observation et l’identification des nuages, ces météores qui déterminent le temps qu’il fait ainsi que le système climatique et le cycle de l’eau.

Alliance de traditions du XIXe siècle et de technologie du XXIe siècle, le nouvel Atlas propose des centaines d’images envoyées par des météorologues, des photographes et des amateurs de nuages du monde entier.

On y trouve de nouvelles catégories, dont le volutus (nuage en rouleau), les nuages engendrés par les activités humaines, tels que les traînées de condensation parfois produites par les avions en raison de la condensation de la vapeur d’eau, et l’asperitas, un spectaculaire nuage ondulé qui a enflammé l’imagination du public. Y sont également illustrés des phénomènes météorologiques tels que les arcs-en-ciel, les halos, les tourbillons de neige et les grêlons.

«L’Atlas international des nuages est la seule source complète et faisant autorité pour l’identification des nuages. Référence mythique pour les amateurs, il est utilisé pour la formation des professionnels des services météorologiques, ainsi que dans des secteurs comme l’aviation et le transport maritime» a indiqué le Secrétaire général de l’OMM, Petteri Taalas.

«Au fil des siècles, peu de phénomènes naturels ont autant stimulé la réflexion scientifique et l’inspiration artistique que les nuages» a-t-il précisé. «Il y a plus de deux millénaires, Aristote les a étudiés et a consacré une partie d’un traité à leur rôle dans le cycle de l’eau. De nos jours, les scientifiques savent que les nuages jouent un rôle décisif dans l’équilibre énergétique, le climat et les conditions météorologiques de notre planète» a ajouté M. Taalas, dans un message prononcé dans le cadre de la Journée météorologique mondiale, qui se tiendra le 23 mars.

«Nous devons comprendre les nuages non seulement pour prévoir le temps, mais aussi pour modéliser le système climatique et prévoir les ressources en eau disponibles» a martelé M. Taalas.

Comprendre les nuages, tel est, cette année, le thème de la Journée météorologique mondiale, qui commémore l’entrée en vigueur, en 1950, de la Convention portant création de l’OMM et souligne la contribution capitale qu'apportent les Services météorologiques et hydrologiques nationaux à la sécurité et au bien-être de la société.

Les thèmes choisis pour la Journée météorologique mondiale illustrent des questions d’actualité liées au temps, au climat et à l’eau. Comprendre les nuages a été choisi en raison du lancement de la version numérique de l’Atlas international des nuages, qui marque l’aboutissement d’un processus exhaustif de révision et d’un appel public visant à la collecte d’images de nuages du monde entier.

Traditions du XIXe siècle

Publié pour la première fois à la fin du XIXe siècle, l’Atlas contient un manuel détaillé des normes, ainsi que de nombreuses photographies de nuages et autres phénomènes météorologiques. Sa dernière mise à jour date de 1987 – soit avant l’apparition d’Internet. Fait sans précédent, l’édition de 2017 prend essentiellement la forme d’un portail Web, ce qui permet un contenu beaucoup plus étoffé et une présentation plus conviviale. Il se peut que l’Atlas soit publié en version papier ultérieurement.

«L’Atlas est la référence par excellence pour l’observation et la classification des nuages et d’autres phénomènes météorologiques. Il contient des photos, des définitions et des explications qui sont acceptées et utilisées par les 191 pays et territoires Membres de l’OMM» a indiqué Bertrand Calpini, Président de la Commission des instruments et des méthodes d'observation (CIMO), qui relève de l’OMM et a été chargée de superviser le processus de révision.

«Cette nouvelle édition regroupe, et c’est une première, tous les types de mesure, y compris des observations effectuées depuis l’espace et en surface, in situ et par télédétection, grâce à des technologies ultrasophistiquées, ce qui nous permet de disposer d’un outil révolutionnaire pour comprendre les nuages» a précisé M. Calpini.

«L’équipe de l’Atlas international des nuages a dû faire un choix parmi des milliers d’images envoyées par des météorologues, des amateurs de nuages et des photographes du monde entier» a expliqué Chi-ming Shun, Directeur de l’Observatoire de Hong Kong, où est hébergé le portail Web. «Nous avons sélectionné les meilleures d’entre elles. C’est un honneur pour nous de participer à ce projet de l’OMM qui jouit d’une telle notoriété et nous félicitons l’Organisation pour la mise à jour de l’Atlas, outil sans pareil grâce auquel le grand public sera à même de mieux comprendre les nuages, le temps et le climat».

Classification des nuages

Le système international fondé sur des termes latins qui est utilisé actuellement pour la classification des nuages a été élaboré en 1803 par le météorologue amateur Luke Howard dans son essai sur la modification des nuages (Essay on the Modification of Clouds). 

Il existe 10 grands genres de nuages, qui sont définis selon l’endroit où ces derniers se forment dans le ciel et leur apparence. Aucun genre supplémentaire n’a été ajouté dans la nouvelle édition de l’Atlas international des nuages.

En règle générale, la base des nuages de l’étage supérieur se trouve à plus de 5 000 mètres d’altitude (16 500 pieds) environ; celle des nuages de l’étage moyen, à une altitude généralement comprise entre 2 000 et 7 000 m (6 500 à 23 000 pieds); et celle des nuages de l’étage inférieur, à une altitude maximale de 2 000 m (6 500 pieds).

La plupart des noms de nuage sont composés de préfixes et suffixes latins qui, lorsqu’ils sont associés, donnent une indication du type de nuage, notamment:

  • Alto-: étage moyen (même si altus en latin signifie haut)
  • Cirrus/cirro-: filament, fin
  • Cumulus/cumulo-: amas, moutonneux
  • Nimbus/nimbo-: porteur de pluie
  • Stratus/strato-: étendu, couche, continu

Les 10 genres sont subdivisés en «espèces», qui décrivent la forme et la structure interne, et en «variétés», qui décrivent la transparence des nuages et l’agencement de leurs éléments. En tout, il existe une centaine de combinaisons.

L’Atlas international des nuages comprend une nouvelle espèce: le volutus ou nuage en rouleau (du latin «roulé»), qui se forme au sein des genres altocumulus et stratocumulus. Le volutus est une masse nuageuse en forme de long tube horizontal, généralement de l’étage inférieur, qui, souvent, semble s’enrouler autour d’un axe horizontal.

Cinq nouvelles particularités supplémentaires ont été ajoutées: asperitas, cavum,
cauda (nuage en forme d’appendice), fluctus (ou onde de Kelvin-Helmholz) et murus
(ou nuage-mur).

La plus connue de ces particularités est l’asperitas (du latin «aspérité»). Des photos de cette spectaculaire formation nuageuse semblable à la surface inversée d’une mer houleuse ont fait couler beaucoup d’encore dans le monde entier. Association créée pour les amoureux des nuages, la Cloud Appreciation Society a fait campagne pour qu’une nouvelle catégorie soit créée pour ce type de nuages. La photographie qui figure dans l’Atlas est celle qui a gagné le concours de la plus belle photo d’asperitas organisé par la Cloud Appreciation Society.

«L’asperitas a été identifié, pour la première fois, grâce à la science citoyenne et avec l’aide des technologies modernes. Lorsque les membres de la Cloud Appreciation Society nous envoient des photos spectaculaires du ciel prises aux quatre coins de la planète, nous pouvons voir se dégager des caractéristiques récurrentes. C’est ainsi que l’idée d’une nouvelle catégorie est née et nous sommes ravis que l’OMM ait choisi de l’inclure dans la version définitive de cet ouvrage de référence pour la classification des nuages» a souligné Gavin Pretor-Pinney, fondateur de la Cloud Appreciation Society.

Un nouveau nuage annexe, le flumen, a également été inclus. Communément appelé «queue de castor», il est associé aux orages de convection de forte intensité formant des supercellules.

L’Atlas international des nuages présente également cinq nouveaux «nuages spéciaux»: cataractagenitus, flammagenitus, homogenitus, silvagenitus et homomutatus. Le suffixe «genitus» indique que des facteurs locaux ont entraîné la formation d’un nuage ou son développement, alors que «mutatus» est ajouté lorsque ces facteurs ont entraîné la mutation d’un nuage d’une forme à une autre. Ces nuages spéciaux sont influencés par les cataractes, les poches de chaleur localisées dues à des feux incontrôlés, la saturation de l’air au-dessus des forêts et l’être humain. Les traînées de condensation qui se dessinent dans le ciel à l’arrière des avions sont un exemple de nuage «homogenitus».

La cérémonie de la Journée météorologique mondiale sera diffusée en direct sur le Web pour que les amateurs de nuage du monde entier puissent s’émerveiller devant la beauté et la puissance de la nature en découvrant la nouvelle version de l’Atlas international des nuages.

Pour des renseignements plus détaillés sur la Journée météorologique mondiale, cliquer ici.

Pour consulter le message du Secrétaire général de l’OMM, cliquer ici.

Site de l’Atlas international des nuages: https://cloudatlas.wmo.int

 

 

L’Organisation météorologique mondiale (OMM) est l’organisme des Nations Unies

qui fait autorité pour les questions relatives au temps, au climat et à l’eau.

Site Web de l'OMM: public.wmo.int

Pour de plus amples renseignements, veuillez prendre contact avec Clare Nullis, attachée de
presse au Bureau de la communication et des relations publiques (tél. fixe: +41 (0)22 730 84 78;
tél. port.: +41 (0)79 709 13 97; courriel: cnullis@wmo.int). 

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