Un épisode La Niña de faible intensité pourrait réapparaître

Un épisode La Niña de faible intensité pourrait réapparaître

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Publié

9 septembre 2021
Press Release Number:
09092021

Les prévisions météorologiques et les informations sur l'évolution probable du climat à l’appui de l'action humanitaire

Genève, le 9 septembre 2021 (OMM) – Un épisode La Niña de faible intensité pourrait réapparaître plus tard en 2021 pour la deuxième année consécutive, avec le risque que les configurations de précipitations prévues exacerbent la sécheresse existante dans certaines régions du monde et augmentent le risque de fortes précipitations et d'inondations dans d'autres. Mais malgré le phénomène La Niña, qui a normalement pour effet de refroidir le climat, les températures mesurées sur les terres émergées devraient être supérieures à la moyenne entre septembre et novembre, notamment dans l'hémisphère Nord, selon l'Organisation météorologique mondiale (OMM).

Le phénomène La Niña correspond au refroidissement à grande échelle des eaux de surface dans le centre et l’est du Pacifique équatorial, associé à des variations de la circulation atmosphérique tropicale, autrement dit des vents, de la pression et des précipitations. Ses effets sur le temps et le climat sont en général l’opposé de ceux de l’anomalie El Niño, qui est la phase chaude du phénomène El Niño-oscillation australe (ENSO).

Cependant, tous les phénomènes climatiques d’origine naturelle s’inscrivent désormais dans un contexte de changement climatique d’origine anthropique, qui fait s’élever les températures mondiales, accentue les conditions météorologiques extrêmes et modifie les régimes saisonniers de précipitations.

«Le changement climatique d’origine anthropique amplifie les effets des phénomènes naturels tels que La Niña et influe de plus en plus sur nos conditions météorologiques, ce qui se traduit notamment par une chaleur et une sécheresse plus intenses (et le risque associé de feux de forêt) ainsi que par des précipitations et des inondations records», a déclaré le Secrétaire général de l'OMM, M. Petteri Taalas.

«Nous en avons été tragiquement témoins au cours des derniers mois dans presque toutes les régions du monde. Le changement climatique accroît la gravité et la fréquence des catastrophes», a-t-il souligné.

«L'amélioration des alertes précoces et de la gestion des risques de catastrophe se traduit par une meilleure capacité à sauver des vies, mais les impacts socio‑économiques et humanitaires s'aggravent sous la forme d'une insécurité alimentaire croissante, de déplacements et de migrations plus nombreux et d'un risque d'instabilité», a fait observer M. Taalas.

el nino

Mesures anticipées

M. Taalas s’adressera le 9 septembre aux participants d’une réunion humanitaire de haut niveau des Nations Unies sur les mesures anticipées. Cette réunion vise à susciter un effort collectif pour prendre des mesures en amont des crises météorologiques et climatiques au lieu de réagir une fois qu'il est trop tard. Les programmes de mesures anticipées ont ouvert la voie à la mise en place de mécanismes préétablis de financement des secours en cas de catastrophe, qui sont déclenchés en fonction des prévisions météorologiques et climatiques.

La réunion de haut niveau, qui sera ouverte par le Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies, permettra de présenter des exemples probants de cette approche axée sur l'anticipation et d’apporter un soutien à la prise de mesures à grande échelle. De hauts responsables de gouvernements, d’institutions financières internationales, du système des Nations Unies et de la société civile se réuniront pour montrer que le monde est déterminé à anticiper les crises prévisibles et à agir en conséquence.

L'OMM renforce sa capacité à fournir un soutien sur mesure au secteur humanitaire. Il s'agit notamment de faciliter l'accès aux données, services et compétences les plus appropriés de la communauté de l'OMM afin d'améliorer le développement, la conception et le fonctionnement des seuils de déclenchement de prévisions météorologiques et climatiques.

L'amélioration des prévisions saisonnières est essentielle à cet égard, car elles permettent d'anticiper et de profiter d'avantages socio-économiques substantiels dans des secteurs sensibles au climat comme l'agriculture, la sécurité alimentaire, la santé et la réduction des risques de catastrophe. Un réseau de forums régionaux sur l'évolution probable du climat s'étend désormais au monde entier et fournit des informations climatologiques exploitables pour la saison à venir, en s'appuyant sur les données des centres mondiaux et régionaux de production et des Services météorologiques et hydrologiques nationaux.

Les informations sur l’évolution probable des phénomènes El Niño/La Niña viennent renforcer ces prévisions saisonnières.

Le dernier bulletin Info-Niño/Niña publié par l'OMM suggère deux scénarios possibles: soit la persistance de valeurs «froides» des conditions neutres par rapport au phénomène El Niño-oscillation australe (ENSO), soit la résurgence d'un épisode La Niña vers la fin de l'année. Pour la période comprise entre septembre et novembre, la probabilité de conditions ENSO neutres est de 60 % et celle d'un épisode La Niña de 40 %, et pour les périodes comprises entre octobre et décembre et novembre et janvier, les probabilités de conditions neutres et d'une résurgence de La Niña sont égales. Les perspectives d’évolution des anomalies El Niño/La Niña penchent pour des conditions à nouveau neutres en 2022.

Bulletin saisonnier sur le climat

Les phénomènes El Niño et La Niña sont des facteurs déterminants du système climatique de la Terre, mais ce ne sont pas les seuls.

Outre son bulletin Info-Niño/Niña traditionnel, l'OMM publie désormais régulièrement un Bulletin saisonnier sur le climat, qui tient compte des influences de tous les autres grands facteurs, tels que l’oscillation nord-atlantique, l’oscillation arctique et le dipôle de l’océan Indien.

Le Bulletin saisonnier sur le climat repose sur les prévisions des centres mondiaux de production de prévisions à longue échéance de l’OMM. Il vise à aider les gouvernements, les Nations Unies, les décideurs et les acteurs de secteurs sensibles au climat à se préparer et à protéger les vies et les moyens de subsistance.

Température de l'air en surface, septembre-octobre-novembre

Surface Air Temperature, September-October-November 21

Malgré la résurgence prévue d'un épisode La Niña de faible intensité, les températures de surface de la mer supérieures à la moyenne devraient influencer les températures de l'air pour la période comprise entre septembre et novembre 2021. Les anomalies positives de température de l'air à la surface des terres émergées devraient être plus marquées dans l'hémisphère Nord, à l'exception du sous-continent indien. Selon le Bulletin, les températures devraient être très supérieures à la moyenne dans le centre-est de l'Amérique du Nord, l'extrême nord de l'Asie et l'Arctique, ainsi que dans le centre et l'est de l'Afrique et dans le sud de l'Amérique du Sud.

Précipitations, septembre-octobre-novembre

Precipitation, September-October-November 21

Des anomalies pluviométriques typiques associées à La Niña sont prévues. Il y a une probabilité accrue de précipitations inférieures à la normale dans de nombreuses zones de l'Amérique du Sud au sud de 30° S, avec des anomalies de précipitations supérieures à la normale au nord. Une grande partie de la Méditerranée qui s'étend à la péninsule arabique et à l'Asie centrale, et le sud de l'Afrique centrale et orientale devraient également enregistrer des précipitations inférieures à la normale.

Les régions présentant une probabilité faiblement accrue de précipitations supérieures à la normale comprennent le sous-continent indien, l'Australie, l'est et le sud-est de l'Asie. Une probabilité accrue de précipitations supérieures à la normale est prévue pour l'extrême nord de l'Asie, l'Amérique du Sud au nord de 15° S, et des zones équatoriales de l'archipel indonésien jusqu'au Pacifique Sud-Ouest et jusqu'au nord-est de la Nouvelle-Zélande.

La probabilité de conditions inhabituellement sèches à proximité et à l'ouest de la ligne de changement de date, dans certaines parties du Pacifique Sud, et de conditions inhabituellement humides à l'ouest et au sud-ouest du Pacifique, est accrue. Dans les Caraïbes, il y a une probabilité modérée à forte de précipitations inférieures à la normale, et une bande est‑ouest de précipitations supérieures à la normale immédiatement au sud et juste au nord de l'équateur.

Perspective régionale découlant de la surveillance et des informations sur l'évolution probable du climat

L’analyse suivante repose sur les informations du Bulletin saisonnier sur le climat, des forums régionaux sur l’évolution probable du climat et des centres climatologiques régionaux de l’OMM.

Conditions climatologiques en Afrique de l'Est: les mois d'octobre à décembre plus secs que d'ordinaire

Selon le Centre de prévision et d’applications climatologiques relevant de l’IGAD (ICPAC), les observations des précipitations au cours des derniers mois indiquent que des conditions plus sèches dominent dans de nombreuses régions du centre et du sud de l'Afrique de l'Est et que cette situation devrait se poursuivre jusqu'en décembre 2021. En particulier, en Tanzanie, au Burundi, au Rwanda, au Kenya, dans le sud, le centre et le nord-ouest de la Somalie, dans le sud et le sud-est de l'Éthiopie et sur les côtes de la mer Rouge au nord de l'Érythrée.

L’Organisation météorologique mondiale (OMM) est l’organisme des Nations Unies
qui fait autorité pour les questions relatives au temps, au climat et à l’eau.

 

Pour de plus amples renseignements, veuillez prendre contact avec Clare Nullis, attachée de presse. Courriel: cnullis@wmo.int . Téléphone portable: +41 (0)79 709 13 97.

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