L’OMM retire Matthew et Otto de la liste des ouragans.

L’OMM retire Matthew et Otto de la liste des ouragans.

27

Publié

27 mars 2017

Coordination régionale et avis de meilleure qualité pour favoriser la sécurité publique et sauver des vies 

 

En raison du grand nombre de victimes et des importants dégâts qu’ils ont causés en 2016, Matthew et Otto ne seront plus choisis pour nommer des cyclones tropicaux. Matthew sera remplacé par Martin, et Otto par Owen, sur la liste de noms utilisés par rotation pour baptiser les cyclones tropicaux de la Mer des Caraïbes, du golfe du Mexique, de l’Atlantique Nord et du nord-est de l’océan Pacifique.

Le Comité des ouragans du Conseil régional IV, qui relève de l’Organisation météorologique mondiale et traite de l’Amérique du Nord, de l’Amérique centrale et des Caraïbes, a pris cette décision lorsqu’il s’est réuni à San José à l’invitation du Costa Rica. Il y a évalué la saison 2016 en vue d’améliorer les services d'avis d'ouragans et la coordination régionale pour la saison 2017 et au-delà.

D’après le centre météorologique régional spécialisé (CMRS) de Miami (Centre national des ouragans des États-Unis d’Amérique) relevant de l’OMM, l’activité cyclonique tropicale dans le bassin de l'Atlantique a été supérieure en 2016 à la normale de la période 1981-2010.

Sur les 15 tempêtes tropicales qui se sont formées, 7 sont devenues des ouragans et 4 des ouragans majeurs (catégorie 3 ou supérieure sur l'échelle Saffir-Simpson) alors que pour la période 1981-2010, on recensait en moyenne 12 tempêtes tropicales, 6 ouragans et 3 ouragans majeurs.

L’activité cyclonique tropicale dans le Pacifique Nord-Est, quant à elle, a été bien supérieure en 2016 à la moyenne. Sur les 21 tempêtes tropicales qui se sont formées, 11 sont devenues des ouragans et 5 des ouragans majeurs (catégorie 3 ou supérieure sur l'échelle Saffir-Simpson) alors que pour la période 1981-2010, on recensait en moyenne, selon le CMRS Miami, 15 tempêtes tropicales, 8 ouragans et 4 ouragans majeurs.

Le CMRS de Miami joue un rôle de premier plan pour ce qui est de favoriser la coordination régionale et la formation et d’améliorer les avis et activités opérationnelles. Par exemple, pendant la saison 2016, l’Armée de l’air américaine et l’aéronef de reconnaissance des ouragans de la NOAA ont transmis des données météorologiques précieuses, qui ont aidé à préciser l’intensité de l’ouragan Matthew et d’autres ouragans menaçant les terres.

Le Comité a notamment décidé d’ajouter des «avis d’ouragans potentiels» au Plan d'opérations régional concernant les ouragans. Ainsi, il sera possible de disposer de renseignements sur les systèmes tropicaux susceptibles de se transformer en ouragans. Cette décision se fonde sur la nécessité de se préparer bien à l’avance pour faciliter la prévention des catastrophes et la gestion des risques.

Le Conseil régional de l’OMM pour l’Amérique du Nord, l’Amérique centrale et les Caraïbes tiendra sa prochaine session quadriennale du 27 au 31 mars, à la suite de la réunion du Comité des ouragans.

Ouragan Matthew

L’ouragan le plus dévastateur de la saison, Matthew, a marqué son passage de destructions, aux petites Antilles, à Haïti, dans l’est de Cuba, aux Bahamas et jusqu’au sud-est des États-Unis.

Première tempête de catégorie 4 à balayer Haïti depuis 1963, Matthew a atteint le sud de l’île le 4 octobre. Le gouvernement haïtien a fait état de 546 morts, 128 disparus et 439 blessés. Selon les évaluations, 2,4 millions de personnes ont été sinistrées, dont 1,4 million nécessitent une assistance humanitaire. Matthew a endommagé 85 % des bâtiments du Grand Sud d’Haïti. Son intensité a été telle qu’il a mis hors service le système de mesure des précipitations.

Bien que Matthew ait touché une région de Cuba où la population n’est pas accoutumée à des ouragans si intenses, aucun décès n’est à déplorer grâce à des alertes de qualité et une bonne communication auprès du public. Les dégâts occasionnés dans certaines zones de la côte sud-est des États-Unis se chiffrent à 10 milliards de dollars É.-U., ce qui fait de Matthew le dixième ouragan le plus destructeur des États-Unis. Trente-trois morts ont été recensés, la plupart par noyade. WMO Hurricane Committee retires Matthew and Otto from list of names

Ouragan Otto

L’ouragan Otto a atteint le sud du Nicaragua le 24 novembre. D’après les registres remontant à 1851, il s’agissait du premier ouragan à sinistrer directement le Costa Rica.

Otto a été responsable de 18 décès: 10 au Costa Rica et 8 au Panama. Cet ouragan tardif a battu plusieurs records, notamment 1) de l’ouragan qui s’est formé le plus tardivement dans la mer des Caraïbes, 2) du plus violent enregistré aussi tard dans l’année, 3) de celui qui a touché terre dans le bassin de l’Atlantique le plus tardivement, et 4) du premier ouragan à frapper si au sud en Amérique centrale.

Liste de noms utilisés par rotation

Les tempêtes (cyclones tropicaux) ont commencé à être baptisées il y a des années pour faciliter leur identification dans les messages d’alerte. En effet, on suppose que les noms sont bien plus faciles à mémoriser que les nombres ou les termes techniques.

Pour la Mer des Caraïbes, le golfe du Mexique, l’Atlantique Nord et le nord-est de l’océan Pacifique, l’OMM a créé une liste de noms utilisés par rotation selon un cycle de six ans. Si un cyclone est particulièrement meurtrier ou dévastateur, son nom est retiré de la liste et remplacé par un autre. Martin et Owen (qui remplacent Matthew et Otto) seront utilisés pour la première fois en 2022.

Pour plus de détails, cliquer ici.

La liste des noms pour la saison des ouragans 2017 est disponible ici.

Saison 2017

À compter de la saison des ouragans 2017, le service météorologique des États-Unis publiera des bulletins de surveillance et avis d’ondes de tempête pour faire connaître, dans le Golfe du Mexique et les côtes atlantiques du territoire continental des États-Unis, les zones qui présentent un risque significatif d’inondations potentiellement mortelles dues à un cyclone tropical, un cyclone subtropical, un cyclone post-tropical, ou (dans l’attente d’une approbation finale par le service météorologique national) un cyclone tropical potentiel.

Les ondes de tempête représentent souvent les plus graves dangers qu’occasionne un cyclone tropical pour les personnes et les biens. Elles ne se déclenchent pas toujours au même endroit ni au même moment que les vents dangereux. De plus, alors que dans la plupart des cas, les résidents des côtes peuvent rester chez eux (ou dans une structure sécurisée à proximité) et se protéger des vents d’un cyclone tropicaux, il est généralement nécessaire d’évacuer la population en cas d’ondes de tempête.

Disposer d’alertes distinctes pour ces deux types d’aléas permettra de sauver des vies grâce à une meilleure identification des dangers spécifiques auxquels la population est exposée et une plus grande réactivité du public aux consignes des responsables locaux.

Pour en savoir plus, cliquer ici.

 

 

 

Share this page