Le mois de juin s'achève par une chaleur exceptionnelle

Le mois de juin s'achève par une chaleur exceptionnelle

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Publié

30 juin 2021

 

Le nord-ouest des États‑Unis d’Amérique et l'ouest du Canada, des régions plutôt connues pour leurs températures basses, sont en proie à une vague de chaleur exceptionnelle et dangereuse. Les températures y ont atteint plus de 45 °C pendant plusieurs journées consécutives, entrecoupées de nuits extrêmement chaudes.

Cet épisode sans précédent a de nombreuses répercussions graves: stress thermique des humains, des animaux et de la végétation, dégradation de la qualité de l'air (présence de polluants dus à l'air chaud et stable), risques de feux de forêt, possibilité de glissements de terrain causés par la fonte des glaciers en montagne, dégâts et dysfonctionnement des infrastructures et des systèmes de transport non adaptés à des températures aussi élevées, et bien d’autres risques socio-économiques.

Les Services météorologiques nationaux et locaux ont émis de nombreux avis et alertes en lien avec la chaleur. Il est à espérer que les services d'alerte précoce canicule et santé permettront de limiter le nombre de décès.

Tant de records ont été battus qu'il est difficile d'en garder la trace.

 

Fire destroys Lytton, which saw 48.6°C Canadian temperature record

Au Canada, un record absolu a été battu dimanche: on a enregistré 46,6 °C à Lytton, en Colombie-Britannique (1,6 °C de plus que le précédent record établi le 5 juillet 1937). Toujours à Lytton, ce record a été pulvérisé moins de 24 heures plus tard, le lundi, par un relevé de 47,9 °C, puis une deuxième fois, le 29 juin, par une température de 49,5 °C.

Un tel record dépasse le record historique de 47,2 °C enregistré à Las Vegas. Ces températures correspondent davantage à celles que l’on enregistre l'été au Moyen-Orient qu'à celles d’une province qui abrite les Rocheuses et le parc national de Glacier. Par conséquent, le risque de fonte des glaciers est élevé.

Depuis le 28 juin, 43 records absolus ont été battus en Colombie-Britannique et d'autres records devraient encore tomber.

«Cet événement historique est au-delà des mots», a déclaré sur Twitter la section Colombie-Britannique d'Environnement et Changement climatique Canada.

«Cet épisode n'est pas encore terminé», a déclaré M. Armel Castellan, météorologue d’Environnement et Changement climatique Canada.

«Les Territoires du Nord-Ouest ont enregistré les températures les plus élevées de leur histoire non seulement pour juin, mais aussi tous mois confondus. Nous établissons des records qui n'ont pas lieu d'être si tôt dans la saison.» a-t-il ajouté.

«Nous avons connu cette situation plusieurs jours d'affilée et, chaque matin, nous nous réveillons avec des températures plus élevées que la veille. Voilà le danger, voilà ce qui cause des déshydratations parmi la population pendant de nombreux jours. Nous avons connu beaucoup de journées où la température était plus élevée que la veille», a-t-il expliqué .

«Le fait que les températures nocturnes soient supérieures aux températures diurnes moyennes de fin juin revêt une grande importance. En effet, notre corps a besoin de se rafraîchir et de se reposer avant d'affronter une autre journée très chaude. De plus, les conséquences sur les infrastructures sont à prendre en compte», a-t-il indiqué.

«Moins de 40 % des foyers sont climatisés sur la côte. Les gens doivent se rendre dans les bibliothèques et les centres commerciaux pour profiter de quelques heures d'air conditionné. Je dors sous une tente pour échapper à la chaleur», a-t-il précisé.

Environnement et Changement climatique Canada a émis un grand nombre d'alertes et d’avis en lien avec la chaleur.

États-Unis d'Amérique

Depuis la Californie et le Nevada jusqu'au Nord-Ouest et jusqu'au Montana, à l'est, les alertes, veilles ou avis de chaleur excessive concernent plus de 14 millions d’habitants de l’Ouest des États-Unis.

«Juste une période historique de températures record dans le Nord-Ouest! #HeatWave2021», a proclamé le Service météorologique des États-Unis.

Un record absolu a été enregistré à Seattle dimanche (40 °C) puis dépassé lundi (41,7 °C). Même chose à Portland, où l'on a relevé 42 °C samedi, puis 44,4 °C dimanche, selon le Service météorologique des États-Unis. Dans les stations aussi, de nombreux records sont tombés lundi.

Cette chaleur est due à un blocage atmosphérique important, qui a créé un dôme de chaleur, entouré de basses pressions et qui n'est pas déplacé par le courant-jet.

La vague de chaleur actuelle fait suite à une vague de chaleur historique survenue il y a moins de deux semaines. Des centaines de records de chaleur avaient alors été battus dans le désert du sud-ouest des États-Unis et en Californie.

Chaleur dans l'hémisphère Nord

Siberiafires2021

D'autres régions de l'hémisphère Nord vivent déjà un début d'été exceptionnellement chaud, dont l'Afrique du Nord, la péninsule arabique, l'Europe de l'Est, l'Iran et le nord‑ouest du continent indien. Les températures maximales quotidiennes ont dépassé 45 °C en plusieurs endroits. On a même enregistré 50 °C dans le Sahara. En juin, l'ouest de la Libye a connu des températures supérieures de plus de 10 °C à la moyenne.

En raison de la permanence d'une vaste zone de haute pression, des températures inhabituellement élevées ont aussi été relevées dans l'ouest de la Russie et les zones voisines de la mer Caspienne. Dans certains de ces endroits, notamment à Moscou, les températures devraient atteindre les 35 °C en journée et rester supérieures à 20 °C la nuit. Les régions proches de la mer Caspienne devraient connaître des températures de l'ordre de 45 °C le jour et de plus de 25 °C la nuit. Il est probable que des records de chaleur absolus soient établis pendant cette vague de chaleur.

Changement climatique

Ce chaud début d'été s’inscrit dans un contexte de changement climatique d'origine anthropique, les températures mondiales étant déjà supérieures de 1,2 °C aux niveaux préindustriels.

«Les concentrations de gaz à effet de serre entraînent une hausse des températures mondiales et, partant, une augmentation de la fréquence et de l’intensité des vagues de chaleur. Nous constatons également que ces vagues de chaleur commencent plus tôt et se terminent plus tard et qu'elles ont des répercussions de plus en plus importantes sur la santé humaine», a déclaré le Chef de la Division des services de surveillance du climat et des politiques climatiques, M. Omar Baddour.

«Sans le changement climatique induit par les activités humaines, il aurait été presque impossible de battre de tels records des températures moyennes de juin dans l'ouest des États-Unis, car leur probabilité d'occurrence naturelle n'est que d'une fois toutes les dizaines de milliers d'années. Dans les conditions climatiques actuelles, un mois de juin extrêmement chaud est fréquent et risque de se produire deux fois en 30 ans. Toutefois, d'après une analyse de nombreux modèles informatiques, d'ici à la fin du siècle, ces températures extrêmes seront plus probables qu'improbables. On estime que l'influence humaine a multiplié par plusieurs milliers la probabilité d'un nouveau record», a expliqué M. Nikos Christidis, climatologue du Service météorologique britannique.

Le Rapport spécial sur les conséquences d’un réchauffement planétaire de 1,5 °C, rédigé par le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat, contient une analyse du changement climatique et des conditions de vie humaines.

Selon ce rapport, les risques posés par le climat pour ce qui concerne la santé, les moyens de subsistance, la sécurité alimentaire, l'approvisionnement en eau, la sécurité humaine et la croissance économique devraient augmenter avec un réchauffement planétaire de 1,5 °C et s'accentuer encore s'il atteint 2 °C. Limiter le réchauffement à 1,5 °C plutôt qu'à 2 °C pourrait permettre de réduire de quelque 420 millions le nombre de personnes exposées à des vagues de chaleur extrême.

En 2018, 220 millions de personnes vulnérables de plus de 65 ans supplémentaires ont été exposées à des vagues de chaleur, par rapport à la moyenne de la période de référence de 1986-2005, d’après le rapport de l’OMM sur l’état du climat mondial en 2019.

Le Bureau commun sur le climat et la santé de l'OMM et de l'Organisation mondiale de la Santé s'emploie activement à protéger la santé des populations contre ce risque majeur. L'OMM est l'un des partenaires fondateurs du Réseau mondial d’information sur les effets sanitaires de la chaleur (GHHIN).

 

 

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