Mai 2016 établit de nouveaux records

Mai 2016 établit de nouveaux records

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Publié

17 juin 2016

Des records de températures à l'échelle du globe ont à nouveau été battus en mai 2016, selon les données qui viennent d'être publiées par la NASA, qui a également rapporté qu'il s'agissait du printemps le plus chaud jamais enregistré (dans l'hémisphère Nord).

La chaleur a été particulièrement intense en Arctique, ce qui a déclenché une fonte annuelle précoce de la banquise arctique et de la calotte glaciaire du Groenland. La couverture neigeuse dans l'hémisphère Nord a été exceptionnellement mince.

Au mois de mai, les températures record ont été accompagnées par d'autres phénomènes violents, notamment de très fortes précipitations sur plusieurs régions d'Europe et du sud des États-Unis, ainsi que par un grave blanchissement des coraux à large échelle.

   

«L'état du climat à ce stade de l'année suscite notre inquiétude», a déclaré David Carlson, directeur du Programme mondial de recherche sur le climat. «Des températures exceptionnellement élevées. Des taux de fonte des glaces en mars et mai que nous ne connaissions normalement pas avant juillet. Des épisodes de pluies inédits. Le super El Niño n'en est que partiellement responsable – l’anormal est devenu la nouvelle norme.

Les changements rapides survenus en Arctique sont particulièrement préoccupants. Ce qui se passe en Arctique touche le reste du globe. Le changement va-t-il se poursuivre à ce rythme? Telle est la question. Va-t-il accélérer? Nous sommes en territoire inconnu.»

Les progrès réalisés dans la recherche et l'observation ont amélioré nos connaissances du système climatique, et nous avons également progressé dans la «science de l'attribution» visant à déterminer si un événement météorologique extrême est attribuable au changement climatique d'origine anthropique ou à la variabilité naturelle du climat.

Le puissant épisode El Niño - qui s'est maintenant dissipé - a contribué à alimenter les températures élevées dont nous avons été témoins jusqu'ici en 2016. Mais la cause profonde du changement climatique demeure les gaz à effet de serre présents dans l'atmosphère provenant des activités humaines.

Dans un article publié dans le dernier numéro de la revue: Nature Climate Change, une équipe de climatologues conduite par l'Office météorologique du Royaume-Uni a révélé que cette année, l'augmentation des concentrations de dioxyde de carbone dans l'atmosphère due aux activités humaines était en outre favorisée par le phénomène El Niño. Par conséquent, 2016 sera la première année à présenter des concentrations supérieures à 400 parties par million (ppm) pendant toute l'année dans les relevés de la station de Mauna Loa faisant office de référence en la matière.

Selon l’auteur de l'article, Richard Betts, du Met Office Hadley Centre basé à l'Université d'Exeter, «La concentration de dioxyde de carbone dans l'atmosphère augmente d'année en année sous l'effet des émissions anthropiques, mais cette année, elle a, en plus, été accentuée par le dernier épisode El Niño. Ce phénomène réchauffe et assèche les écosystèmes tropicaux, réduit leur absorption de carbone et favorise les incendies de forêts. Les émissions étant aujourd'hui 25% plus importantes que lors du dernier puissant épisode El Niño de 1997/98, la hausse record de CO2 cette année s'en trouve d'autant renforcée.»

Températures:

Le mois de mai a été le plus chaud jamais enregistré. Selon le Goddard Institute for Space Studies (GISS) de la NASA, des températures supérieures à la moyenne ont été notamment enregistrées aux latitudes boréales. Il s'agissait du printemps de plus chaud (mars-avril-mai) jamais enregistré. L'Administration américaine pour les océans et l'atmosphère (NOAA) doit encore publier ses chiffres des températures mondiales pour le mois de mai.

L'Alaska a connu son printemps de loin le plus chaud jamais enregistré.  Selon les statistiques du Service météorologique finlandais, les températures moyennes au mois de mai ont été de 3° à 5° plus élevées que d'habitude dans la plupart des régions du pays. Un record historique de températures moyennes pour le mois de mai a été battu dans près de 20 stations d'observation.  Plus récemment, Nuuk, au Groenland, a établi un record pour juin avec 24.8°C le 9 juin.

L'Australie a connu l'automne le plus chaud jamais enregistré, à 1.86 °C au-dessus de la moyenne, selon les relevés de son Service météorologique. Plus de 53% du pays a enregistré des températures moyennes record en raison des températures de l'eau au nord et nord-ouest de l'Australie pendant le puissant épisode El Niño.

Manteau neigeux et calotte glaciaire:

Selon le Centre national de données sur la neige et la glace des États-Unis, mai 2016 a établi un nouveau record plancher pour la période d'observations par satellite, avec 12 millions de kilomètres carrés (4.63 millions de milles carrés), qui a fait suite aux précédents records de janvier, février, et avril de cette année. L'étendue des glaces au mois de mai était de 580 000 kilomètres carrés (224 000 milles carrés) inférieure au précédent minimum record pour le mois établi en 2004, et de 1.39 million de kilomètres carrés (537 000 milles carrés) en dessous de la moyenne à long terme de 1981 à 2010.

Pendant ce mois, l'étendue de la banquise, en moyenne journalière, était d'env. 600 000 kilomètres carrés (232 000 milles carrés) inférieure aux résultats des 38 années précédentes d'observations par satellite. La surface mensuelle moyenne pour mai 2016 est de plus d'un million de kilomètres carrés (386 000 milles carrés) inférieure à celle observée en mai 2012.

Selon les observations de 50 ans de cartographie réalisées par le Rutgers University Global Snow Lab, l'hémisphère Nord a enregistré un manteau neigeux exceptionnellement fin en avril et en mai 2016, ainsi qu'un minimum record sur tout le printemps (mars, avril et mai).

Le 20 mai, l'Administration américaine pour les océans et l'atmosphère (NOAA) a annoncé que Barrow, Alaska, venait de connaître la fonte des neiges la plus précoce (début de la fonte) en 78 ans de relevés climatologiques. Traditionnellement, la couverture neigeuse commence à reculer fin juin/début juillet, mais cette année, la fonte a débuté le 13 mai, soit dix jours plus tôt que le précédent record établi en 2002.

Précipitations:

Du 28 au 31 mai, la France a enregistré des pluies exceptionnelles. Sur le département du Loiret, p. ex., il est tombé 92.9 mm en 3 jours, ce qui est sans précédent pour les 30 dernières années. Selon Météo-France, de telles chutes de pluies ne se produisent que tous les 10-50 ans. Il est tombé l'équivalent de 3 mois de pluie sur Paris en un mois, et mai a été le mois le plus arrosé depuis 1960.

Le sud-est du Texas a été frappé par des crues record. 50 à 127 mm supplémentaires sont tombés au cours des dernières 24 heures dans le sud-est du Texas où, la veille, de violents orages avaient déjà déversé plus de 254 mm de pluie, déclenchant des crues record.

Blanchissement des coraux

Selon le Service météorologique australien, la mer de Corail (y compris la Grande barrière de corail) et la mer de Tasmanie ont enregistré des records sur de longues périodes depuis la fin de l'été 2016. D'après les observations des experts indépendants du Climate Council, ces eaux chaudes ont également contribué au réchauffement des températures de surface en Australie et à un blanchissement sans précédent de la Grande barrière de corail.

Un blanchissement généralisé des récifs coralliens a en outre été observé dans de nombreux endroits du globe.

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