Le GIEC et les conclusions de la COP 21

Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) procure aux décideurs des informations scientifiques sur le changement climatique. Il a été pour beaucoup dans l’élaboration de l’Accord de Paris visant à combattre le réchauffement planétaire. À son tour, l’Accord aura une incidence prononcée sur les travaux du GIEC. Nous nous intéressons ici à ses prolongements et à l’action engagée par le GIEC pour favoriser sa mise en œuvre.

Qu’est-ce que le GIEC?

Le GIEC a été créé par l’Organisation météorologique mondiale et le Programme des Nations Unies pour l’environnement en vue de présenter clairement l’état des connaissances relatives au changement climatique et ses répercussions possibles dans la sphère environnementale et socio-économique. Pour ce faire, le GIEC examine et évalue les données scientifiques, techniques et socio-économiques les plus récentes publiées dans le monde entier qui sont utiles à une bonne compréhension des changements climatiques; il indique aux décideurs ce que l’on sait sur le phénomène, ce que l’on ne sait pas et ce qu’il est possible de faire.

Le GIEC est un partenariat sans équivalent entre les gouvernements qui en sont membres et les milieux scientifiques qui procèdent aux évaluations. Il a pour principe fondamental d’établir des rapports qui sont susceptibles d’orienter les politiques sans pour autant préconiser de choix précis.

 

Le GIEC et la CCNUCC

La pertinence des travaux du GIEC pour l’élaboration des politiques est notamment attestée par la consultation de ses rapports pendant les négociations internationales sur le climat, telle la Conférence des Parties (COP) à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC). Comme l’indique le site Web de la Convention, les informations présentées dans les rapports du GIEC servent de référence quand la Conférence des Parties prend des décisions de nature scientifique.

Le GIEC collabore étroitement avec l’Organe subsidiaire de conseil scientifique et technologique (SBSTA) puisque les travaux de la CCNUCC reposent sur la science. Il a présenté à ce dernier les conclusions de son cinquième Rapport d’évaluation paru récemment. Il a également participé à l’initiative de dialogue structuré entre experts et à l’initiative de dialogue sur la recherche qui ont donné aux négociateurs une compréhension poussée des questions scientifiques et ont facilité les délibérations qui devaient aboutir à l’Accord de Paris.

 

Le GIEC et l’Accord de Paris

Le GIEC est mentionné à plusieurs reprises dans l’Accord de Paris qui a été adopté en décembre dernier lors de la COP 21. L’Accord vise à réduire les émissions de gaz à effet de serre de manière à contenir l’élévation de la température moyenne de la planète nettement en dessous de 2 °C par rapport aux niveaux préindustriels, en s’efforçant de limiter la hausse à 1,5 °C. L’objectif sera atteint grâce aux mesures annoncées par chaque pays – appelées contributions déterminées au niveau national – qui feront l’objet d’un examen périodique. Chaque Partie doit fournir régulièrement des informations sur ses émissions anthropiques par les sources et ses absorptions anthropiques par les puits de gaz à effet de serre, selon les méthodes adoptées par le GIEC et convenues par la COP. Le GIEC a donc décidé en avril, à sa quarante-troisième session, d’affiner et d’actualiser les méthodes en question d’ici à mai 2019 afin de donner une solide base scientifique à l’action internationale qui sera engagée en faveur du climat, au titre notamment de l’Accord de Paris. La tâche a débuté et le GIEC devrait, lors de sa quarante-quatrième session prévue du 17 au 20 octobre, arrêter le plan d’un rapport méthodologique qui viendra compléter les Lignes directrices 2006 du GIEC pour les inventaires nationaux de gaz à effet de serre actuellement en vigueur.

Dans la décision 1/CP.21 visant l’Accord de Paris, les Parties ont invité le GIEC à présenter un rapport spécial en 2018 sur les conséquences d’un réchauffement planétaire supérieur à 1,5 °C par rapport aux niveaux préindustriels et les profils connexes d’évolution des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Le GIEC a accédé à cette demande lors de sa quarante-troisième session et a entrepris d’y donner suite. Le plan du rapport spécial sera adopté lors de sa prochaine session, en octobre 2016. La version définitive devrait paraître en septembre 2018, suffisamment tôt pour contribuer au premier dialogue de facilitation qui, de manière informelle, fera le point sur la situation à l’échelle mondiale.

Les Parties ont également demandé au SBSTA d’indiquer comment les évaluations du GIEC pouvaient éclairer le bilan mondial de la mise en œuvre de l’Accord de Paris. Aux termes de ce dernier, les Parties doivent procéder en 2018 à un premier examen informel des efforts qu’elles ont collectivement déployés en vue d’atteindre leurs objectifs; à compter de 2023, un bilan mondial aura lieu tous les cinq ans. En outre, le GIEC a décidé d’examiner d’ici à 2018 la meilleure façon d’aligner ses activités, pendant le cycle de la septième évaluation (2023–2028), sur les besoins découlant du bilan mondial, puisque ses rapports les plus récents seront l’une des sources d’information pour cet exercice. Durant les réunions organisées par la CCNUCC au mois de mai, un événement spécial a réuni le SBSTA et le GIEC à Bonn, Allemagne; il a permis aux participants d’exposer librement leurs points de vue sur la manière dont les évaluations du GIEC pouvaient aider à dresser le bilan mondial.

 

Le GIEC et la vingt-deuxième session de la Conférence des Parties

IPCC Chair COP21
Allocution du Président du GIEC, Hoesung Lee, pendant l’événement de haut niveau de la COP21 à Paris, France, le 7 décembre 2015

Le GIEC organisera deux événements en marge de la COP 22 qui se tiendra à Marrakech, Maroc, au mois de novembre 2016. Le premier, consacré à l’affinement des Lignes directrices 2006 en vue d’accroître la transparence à l’appui de l’Accord de Paris, aura lieu le 7 novembre pendant la pause déjeuner. On y présentera le plan qui a été approuvé pour le rapport méthodologique qui viendra compléter les Lignes directrices de 2006.

Le 14 novembre au soir, le GIEC exposera son plan de travail pour les six années à venir et expliquera comment ses publications soutiendront la mise en œuvre de l’Accord de Paris. Il y sera question de la manière dont le GIEC entend donner suite à l’Accord dans la conduite de ses activités. Ce sera l’occasion d’examiner le calendrier de parution des différentes publications pendant le cycle de la sixième évaluation, qui comportera trois rapports spéciaux, un rapport méthodologique et le sixième Rapport d’évaluation.

Outre le rapport spécial sur les conséquences d’un réchauffement planétaire supérieur à 1,5 °C par rapport aux niveaux préindustriels et les profils connexes d’évolution des émissions mondiales de gaz à effet de serre, le GIEC publiera deux rapports spéciaux en 2019; l’un portera sur le changement climatique, les océans et la cryosphère, l’autre sur le changement climatique, la désertification, la dégradation des sols, la gestion durable des terres, la sécurité alimentaire et les flux de gaz à effet de serre dans les écosystèmes terrestres.

Les contributions des trois Groupes de travail du GIEC au sixième Rapport d’évaluation devraient paraître en 2021, suivies par le rapport de synthèse pendant le premier semestre 2022. La Conférence des Parties disposera donc assez tôt des conclusions de l’évaluation pour mener à bien le premier bilan mondial en 2023.

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