Adapter le Système mondial d’observation du climat aux besoins actuels

Depuis 1992, le Système mondial d’observation du climat (SMOC) recueille et met à la disposition de tous les utilisateurs potentiels les informations nécessaires à l’étude des questions climatiques. Cette fonction étant plus importante que jamais, une adaptation est en cours de sorte que le Système réponde à la demande grandissante de solides données climatologiques.

Le Réseau de stations d’observation en altitude pour le SMOC (GUAN) a été établi en 1998 pour suivre les conditions dans la haute atmosphère. Il s’est avéré très utile en tant que réseau mondial «de référence». Toutefois, comme l’indique le nouveau Plan de mise en œuvre du SMOC, il faut réexaminer les avantages et les caractéristiques du GUAN afin de veiller à sa pertinence et à sa rentabilité futures, ainsi qu’à sa capacité de constituer un réseau de base dans un système à trois niveaux: réseaux de référence, réseaux de base et réseaux globaux. Dans ce but, des experts se réuniront en décembre à Lindenberg (Allemagne), où se trouve le centre principal du Réseau aérologique de référence du SMOC.

La nécessité de s’adapter au changement climatique et, à terme, d’atténuer le phénomène conduit depuis quelques années à coordonner les observations de manière systématique. On a besoin d’informations plus précises sur les échanges entre les domaines classiques – atmosphère, océan, terres émergées – afin de mieux appréhender les principaux cycles climatiques (carbone, eau, énergie). Le Réseau de référence du SMOC pour les observations en surface fournira des données de grande exactitude et traçabilité métrologique qui comportent des incertitudes connues et présentent une stabilité à long terme. Il mesurera les paramètres habituels, comme les précipitations et la température, mais aussi l’humidité du sol, la surface foliaire et d’autres variables. Une équipe spéciale de dix experts renommés se réunira en novembre à Maynooth (Irlande) pour déterminer comment mettre en place un tel réseau.

Une autre raison d’améliorer les observations est notre compréhension insuffisante des modifications survenues récemment dans la dynamique des phénomènes extrêmes liés au climat. La mesure des précipitations illustre bien le problème. Elle repose depuis longtemps sur un solide système d’observation, mais il est rare que les valeurs soient consignées à un intervalle de moins d’un jour au profit des applications climatologiques. Or, une résolution supérieure est requise pour cerner la dynamique des épisodes d’intenses précipitations. La connaissance de ces événements extrêmes s’en trouve limitée. Beaucoup de pays disposent de radars météorologiques pour la prévision immédiate et la prévision à diverses échéances, mais peu de données sont conservées à des fins climatologiques et gérées de façon coordonnée. En vue d’y remédier, le SMOC a créé une équipe spéciale internationale sur l’emploi des radars météorologiques en climatologie. Réunie pour la première fois à Helsinki (Finlande) au mois d’août, elle a défini un plan pour utiliser les données de radars dans les applications climatologiques.

Les tempêtes font partie des phénomènes extrêmes les plus fréquents; associées à d’abondantes précipitations, elles déclenchent des inondations et d’autres catastrophes. On a besoin de données plus exactes pour cerner leur évolution à l’échelle planétaire. La détection des éclairs, indicateurs indirects de forte convection et, par conséquent, de précipitations, s’est étendue dernièrement et de nouveaux instruments satellitaires ont élargi la couverture. Il est ainsi plus facile d’estimer l’intensité des tempêtes et de déclencher des alertes précoces de temps violent. L’observation des éclairs est très utile dans le cadre de la surveillance du climat pour suivre et comprendre les tendances des phénomènes de convection. Le SMOC en a fait une variable climatologique essentielle dans son Plan 2016 de mise en œuvre et chargera une équipe spéciale de définir les exigences et les normes qui s’y rattachent.

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