The Value of Climate Services in National Adaptation

L’apport des services climatologiques aux mesures nationales d’adaptation

Alors que les pays se dotent de Plans nationaux d’adaptation, les SMHN ont la possibilité de soutenir le développement durable grâce aux avantages qui découlent des services climatologiques. De meilleures informations sur le temps, l’eau et le climat permettent de prendre dans les secteurs concernés des décisions éclairées qui génèrent de substantiels gains économiques tout en favorisant un développement durable (OMM, Banque mondiale, USAID, Dispositif mondial de réduction des effets des catastrophes et de relèvement, 2015). En plus de sauver des vies et de préserver des biens, ces informations aident à renforcer la sécurité, accroître la productivité agricole et améliorer l’accès à l’eau. L’élaboration de services climatologiques efficaces est un bon moyen de soutenir la prise de décisions dans de nombreux secteurs économiques et sociaux.

Qu’apportent les services climatologiques?

Les services climatologiques procurent des informations spécialisées, fondées sur la science, concernant les conditions passées, présentes et futures; ils s’adressent à chaque secteur sensible au climat, à l’échelon mondial, régional et local. Leur élaboration fait appel à des cartes et des bases de données nationales et internationales de grande qualité sur la température, les précipitations, le vent, l’humidité du sol et les conditions océaniques, à des analyses des risques et de la vulnérabilité, des projections et des scénarios à long terme.

Quand l’application le requiert, ces informations sont complétées par diverses données, par exemple sur la production agricole, les tendances sanitaires, les établissements humains en zones dangereuses, l’infrastructure et d’autres paramètres socio-économiques. Les services climatologiques convertissent les éléments recueillis en produits sur mesure (prévisions, tendances, analyses économiques, etc.) pour aider les populations et les organisations à faire des choix. Ils ne se contentent pas de répondre aux besoins, ils associent comme il convient les utilisateurs. Cela facilite la prise de décisions en fonction du climat et garantit la bonne diffusion d’informations qui se prêtent à une action concrète.

Ainsi, les services climatologiques qui renferment de nombreuses informations permettent aux agriculteurs d’adapter leurs activités et leurs stratégies de commercialisation, aux pouvoirs publics de mieux anticiper les sécheresses, périodes de fortes précipitations ou autres catastrophes et aux gestionnaires des ressources en eau d’affiner leur action. Ils permettent aussi aux organismes de santé publique de planifier les campagnes de vaccination et de prévention qui limiteront les épidémies de maladies liées aux conditions climatiques, tels le paludisme et la méningite. Tout cela concourt à s’adapter aux nouvelles conditions climatiques.

Les informations climatologiques sont diffusées de différentes façons:

  • Bases de données publiques, avec possibilité de télécharger des séries précises;
  • Statistiques publiées, sous forme de tableaux ou de cartes en ligne par exemple;
  • Produits accessibles directement, telles les données ou cartes sur l’intensité, la fréquence et la durée des précipitations;
  • Produits spécialisés fournis par abonnement et téléphone intelligent, sur le phénomène El Niño par exemple;
  • Produits spécialisés transmis par des moyens adaptés.

L’utilité des services climatologiques pour l’adaptation: l’exemple du Malawi

Le Malawi est confronté à de graves menaces liées au changement climatique, notamment la variation des précipitations et le réchauffement de l’atmosphère. D’ici au milieu du siècle, les températures moyennes devraient y augmenter de 3 à 5 °C (Département des questions environnementales – EAD, 2016). Le pays est très exposé et vulnérable à l’égard des catastrophes causées par les inondations, les sécheresses, les tempêtes et les vents violents. L’intensité et la fréquence de ces phénomènes augmentent depuis quelques décennies, sous l’effet de l’évolution du climat conjuguée à la poussée démographique, l’urbanisation, la dégradation de l’environnement et d’autres facteurs. Les sécheresses et les longues périodes de déficit pluviométrique coûtent 1 % environ du produit intérieur brut (PIB) chaque année et aggravent la pauvreté de 1,3 % (EAD, 2015). Au cours de la seule année 2015, de terribles inondations ont fait au-delà de 170 morts, provoqué le déplacement de 246 000 personnes et endommagé fortement l’agriculture, l’élevage et l’infrastructure.

Vu l’ampleur de ces catastrophes, le Programme de services climatologiques pour l’adaptation en Afrique, relevant du Cadre mondial pour les services climatologiques (CMSC), a lancé au Malawi des activités qui, en rapprochant les SMHN et les utilisateurs, ont aidé la population à se préparer aux inondations et à bien y réagir. L’OMM et d’autres partenaires prennent part au Programme, financé par la Norvège, qui contribue à élaborer des services climatologiques axés sur les utilisateurs au profit de la prévention des catastrophes, de la sécurité alimentaire et de la santé.

Grâce au Programme, on procède maintenant à la réduction d’échelle des prévisions saisonnières émises par le Département du changement climatique et des services météorologiques, de manière que les informations sur le temps et le climat parviennent à la population et aux gestionnaires des situations d’urgence dans les districts vulnérables de Zomba, Nsanje, Lilongwe et Salima. Les modes de diffusion incluent maintenant les SMS et les radios communautaires. Le Programme collabore aussi avec les bénévoles de la Croix-Rouge qui épaulent les comités de protection civile en faisant du porte-à-porte pour parler directement aux habitants. L’information climatologique parvient à 4 436 fermiers, grâce à la formation offerte aux intermédiaires.

L’équipe du CMSC sur place a convaincu le groupe chargé du Plan national d’adaptation d’établir des liens avec les services climatologiques, les renseignements sur les risques actuels et futurs étant fondamentaux pour déterminer les possibilités d’adaptation au Malawi. Il sera particulièrement important de savoir précisément quels facteurs de stress pourraient toucher les populations les plus fragiles, notamment l’intensité accrue et la prévisibilité moindre des pluies, le décalage des semis et de la croissance des cultures et la multiplication des vagues de chaleur et des longues périodes sèches.

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