Les phénomènes météorologiques et climatiques extrêmes touchent des millions de personnes en Afrique en 2025
Addis-Abeba, Éthiopie (OMM) – Selon un nouveau rapport de l’Organisation météorologique mondiale (OMM), les phénomènes météorologiques et climatiques extrêmes ont touché au moins 13 millions de personnes et causé plus de 3 000 décès en Afrique en 2025, avec des répercussions en cascade dans tous les secteurs de l’économie et de la société.
- Les conditions météorologiques extrêmes ont de lourdes conséquences humaines et économiques
- Les crues sont le danger le plus fréquemment signalé
- Les glaciers africains – dont l’emblématique Kilimandjaro – sont en train de disparaître
- L’élévation du niveau de la mer le long de certaines côtes africaines dépasse la moyenne mondiale depuis 1999
- L’Afrique fait face à d’importantes lacunes en matière de systèmes d’alerte précoce, mais des progrès sont en cours
Le continent peine à faire face à ces impacts, et seuls 40 % des pays disposent de systèmes d’alerte précoce multidangers, pourtant indispensables pour sauver des vies et des moyens de subsistance. Des signes encourageants se dessinent toutefois: l’amélioration de la collaboration entre les services météorologiques, les organismes de gestion des catastrophes et les autorités locales, ainsi que les progrès des services climatologiques, tels que les prévisions saisonnières, renforcent les capacités de préparation et d’intervention.
Le rapport sur l’état du climat en Afrique 2025 présente une évaluation régionale consolidée et fournit des informations faisant autorité concernant les principaux indicateurs climatiques, les impacts et les risques associés, afin d’éclairer la prise de décision. Il rassemble les contributions de dizaines d’experts, des Services météorologiques et hydrologiques nationaux, de centres climatologiques et de partenaires du système des Nations Unies.
Le continent africain se réchauffe plus vite que la moyenne mondiale, et le taux de réchauffement observé depuis 1991 y est nettement supérieur à celui enregistré au cours de chacune des périodes de trente ans précédentes. Selon le rapport, la température moyenne annuelle de l’air en surface des terres émergées en 2025 s’est classée entre le troisième et le septième rang des plus chaudes jamais enregistrées, selon le jeu de données utilisé.
Les glaciers africains ont perdu plus de 90 % de leur superficie depuis la fin du XIXe siècle. Sur le Kilimandjaro, la superficie des glaciers est passée de 11,4 km² en 1900 à moins de 1 km² ces dernières années.
Le réchauffement de l’océan se poursuit dans toute la région, avec des vagues de chaleur marines généralisées. En 2025, le contenu thermique de l’océan et la température de surface de la mer ont été inférieurs aux niveaux records observés en 2023 et 2024, mais demeuraient dans la fourchette des valeurs historiquement élevées enregistrées au cours des dix dernières années. L’acidification des océans se poursuit, avec un pH de surface historiquement bas observé dans la majeure partie de la région en 2025. Le réchauffement et l’acidification des océans nuisent aux écosystèmes marins et aux moyens de subsistance des populations qui en dépendent.
Selon le rapport, l’élévation du niveau de la mer le long des côtes africaines entre 1999 et 2025 dépasse la moyenne mondiale de 3,6 mm par an dans plusieurs régions, atteignant environ 4,2 mm par an le long de la côte Atlantique, 5,2 mm par an le long de la côte de l’océan Indien et 5,6 mm par an dans la mer Rouge.
Les conditions météorologiques extrêmes frappent durement le continent. Les crues ont représenté plus de la moitié des événements signalés. Ainsi, les graves inondations survenues au Nigéria en mai ont causé plus de 200 morts, tandis que celles qui ont touché la République démocratique du Congo en avril ont fait plus de 160 victimes. La saison des cyclones tropicaux 2024/2025 a été particulièrement active dans le sud de l’océan Indien. La sécheresse a touché plus de 8,5 millions de personnes en Afrique de l’Est.
«Les signes du changement climatique sont visibles partout en Afrique – de l’augmentation des températures à l’élévation du niveau de la mer, en passant par les inondations et les sécheresses dévastatrices. Ce rapport met en évidence non seulement l’ampleur des risques, mais aussi l’importance croissante des alertes précoces, des services climatologiques et de l’action coordonnée pour protéger les vies et les moyens de subsistance», a déclaré la Secrétaire générale de l’OMM, Mme Celeste Saulo.
Principales conclusions
Températures
En 2025, la température moyenne annuelle de l’air à la surface des terres émergées s’est classée entre le troisième et le septième rang des plus chaudes jamais enregistrées, à environ 0,51 °C (marge d’incertitude: 0,31 °C à 0,60 °C) au-dessus de la moyenne de la période 1991-2020.
Les anomalies de température les plus importantes ont été observées en Afrique du Nord, notamment le long de la côte méditerranéenne de l’Algérie et de la Tunisie. L’Afrique australe a enregistré l’anomalie de température la plus faible, soit +0,21 °C (0,08 °C–0,35 °C) par rapport à la même période de référence.
Précipitations
Depuis le milieu du siècle dernier, les tendances pluviométriques en Afrique ont été contrastées, le signal dominant étant la diminution des précipitations moyennes.
Pendant la période 1980-2010, les saisons des pluies au Sahel ont été marquées par des précipitations plus intenses.
L’Afrique du Nord a subi une augmentation de l’aridité ainsi que des sécheresses météorologiques, hydrologiques et agricoles (degré de confiance moyen), et les sécheresses extrêmes observées récemment dans le Levant, en Méditerranée orientale, sont sans précédent depuis plusieurs siècles.
L’Afrique de l’Est connaît une forte variabilité des précipitations, avec des épisodes de pluies intenses et des inondations dans de nombreux pays, mais aussi une diminution significative des précipitations dans la corne de l’Afrique, en particulier pendant la longue saison des pluies de mars à mai.
En Afrique australe, l’intensité et la fréquence des fortes précipitations ont probablement augmenté dans les parties occidentale et orientale de la sous-région.
L’année 2025 a commencé et s’est achevée par un épisode La Niña de faible intensité, qui a influencé le régime des précipitations.
En 2025, les chutes de pluie dans la région du Sahel ont été supérieures à la normale pour la deuxième année consécutive.
Des précipitations annuelles totales supérieures à la normale ont été enregistrées dans la majeure partie de l’Afrique australe, bien que de nombreuses îles d’Afrique de l’Est aient reçu des précipitations inférieures à la normale.
La plupart des régions d’Afrique de l’Est ont enregistré des précipitations inférieures à la normale, tant pendant la grande que la petite saison des pluies. Autour de la corne de l’Afrique, les précipitations annuelles totales ont été exceptionnellement faibles.
En Afrique du Nord, le total des précipitations annuelles le long du littoral méditerranéen a été inférieur à la normale. Néanmoins, pour la première fois depuis plusieurs années marquées par un déficit pluviométrique, certaines parties du nord-ouest de l’Afrique ont enregistré des précipitations supérieures à la moyenne. La sécheresse pluriannuelle qui touchait l’Afrique du Nord ne s’est toutefois pas atténuée dans toutes les régions.
Glaciers
La fonte des glaciers a une incidence sur le niveau de la mer, les cycles hydrologiques régionaux et la survenue de dangers locaux tels que les crues provoquées par la rupture de lacs glaciaires.
Sur le continent africain, les glaciers ne subsistent aujourd’hui que sur deux volcans – le mont Kenya au Kenya et le mont Kilimandjaro en République-Unie de Tanzanie – ainsi que dans la chaîne du Rwenzori, à la frontière entre l’Ouganda et la République démocratique du Congo.
Le Kilimandjaro (5 895 m) est la plus haute montagne du continent africain et abrite les plus grandes étendues de glace d’Afrique. Malgré d’importantes chutes de neige en 2025, ses glaciers sont passés de 11,4 km² en 1900 à 0,98 km² ces dernières années. Entre 1906 et 2021/2022, les zones de glace des monts Kenya et Rwenzori sont passées respectivement de 1,64 km² à 0,07 km² et de 6,51 km² à seulement 0,38 km².
Alertes précoces multidangers
Les phénomènes climatiques extrêmes observés en 2025 ont entraîné de graves répercussions socio-économiques, mettant en évidence la nécessité de mettre en œuvre des politiques ciblées.
Sur l’ensemble du continent africain, l’initiative mondiale «Alertes précoces pour tous», portée par le Secrétaire général de l’ONU, M. António Guterres, rencontre un écho croissant. Un certain nombre de pays se sont engagés à mettre en place des feuilles de route nationales mobilisant différents secteurs de l’État et de la société.
Le dernier rapport en date sur l’état des systèmes d’alerte précoce multidangers révèle que de graves lacunes subsistent, en particulier en Afrique et dans les pays les moins avancés. Moins de 40 % des pays africains font état de capacités de préparation et d’intervention adéquates.
Le rapport sur l’état du climat en Afrique 2025 présente trois études de cas consacrées au Ghana, au Nigéria et à l’Afrique du Sud, illustrant les impacts et les risques, ainsi que les enseignements tirés et les perspectives pour l’avenir.
Notes aux rédacteurs
Le rapport sur l’état du climat en Afrique 2025 a été élaboré par l’OMM en collaboration avec les Services météorologiques et hydrologiques nationaux, des centres internationaux de données, des instituts de recherche sur le climat de premier plan et des partenaires des Nations Unies.
L’OMM remercie tous ceux qui ont contribué à cette publication, en particulier les co-auteurs principaux, Rachid Sebbari (Direction générale de la météorologie, Maroc), Joseph Mutemi (Université de Nairobi, Kenya) et Mouhamadou Bamba Sylla (Institut africain des sciences mathématiques, Centre de recherche et d’innovation (AIMSRIC).
L’Organisation météorologique mondiale est l’organisme des Nations Unies qui fait autorité pour les questions relatives au temps, au climat et à l’eau
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- Région I: Afrique