Chaleur extrême: des systèmes agroalimentaires au bord de la rupture
Rome/Genève (FAO/OMM) – Les vagues de chaleur extrême menacent les moyens de subsistance, la santé et la productivité au travail de plus d’un milliard de personnes. Les travailleurs agricoles et les systèmes agroalimentaires sont en première ligne.
- Dans un nouveau rapport, la FAO et l’OMM évaluent les risques et répertorient les possibilités d’adaptation
- La hausse des températures met en danger les êtres humains, les cultures, le bétail et les poissons
- Les services climatologiques éclairent les mesures d’adaptation comme l’élevage de sélection et le choix des cultures
- Les perspectives saisonnières et les systèmes d’alerte précoce aident les agriculteurs à se préparer aux épisodes de chaleur extrême
La fréquence, l’intensité et la durée des épisodes de chaleur extrême ont fortement augmenté ces 50 dernières années, et les risques pour les systèmes agroalimentaires et les écosystèmes devraient s’aggraver considérablement à l’avenir, selon le rapport intitulé Extreme heat and agriculture (Chaleur extrême et agriculture), publié récemment par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et l’Organisation météorologique mondiale (OMM).
«Cette étude met en évidence le fait que la chaleur extrême est un facteur qui aggrave fortement les risques et exerce une pression croissante sur les cultures, le bétail, la pêche et les forêts, ainsi que sur les populations et les économies qui en dépendent», a déclaré le Directeur général de la FAO, M. Qu Dongyu.
«La chaleur extrême détermine de plus en plus souvent les conditions dans lesquelles fonctionnent les systèmes agroalimentaires», a précisé la Secrétaire générale de l’OMM, Mme Celeste Saulo.
«Plus qu’un simple aléa climatique isolé, elle agit comme un facteur de risque aggravant, qui accentue les faiblesses existantes des systèmes agricoles. Les alertes précoces et les services climatologiques, tels que les perspectives saisonnières, sont essentiels pour nous aider à nous adapter à cette nouvelle réalité», a-t-elle précisé.
Dans ce rapport conjoint, la FAO et l’OMM décrivent les aspects scientifiques de la chaleur extrême, les vulnérabilités, les impacts observés et prévus sur l’agriculture et les stratégies d’adaptation. Elles y proposent des études de cas et formulent des recommandations de politique générale.
Ce rapport a été publié à l’occasion de la Journée de la Terre, le 22 avril, afin de mettre en lumière les interconnexions entre l’évolution du climat, la sécurité alimentaire, le système agricole et la santé des écosystèmes.
Plantes, animaux, poissons, arbres et êtres humains
Les répercussions des épisodes de chaleur extrême dépendent du moment et du lieu où ceux-ci se produisent.
Pour les espèces d’élevage les plus courantes, le stress commence au-delà de 25 °C, et à une température légèrement inférieure pour les poulets et les porcs, qui ne peuvent pas se refroidir par la transpiration.
Les poissons peuvent souffrir d’insuffisance cardiaque alors qu’ils luttent pour maintenir une fréquence respiratoire élevée dans des eaux où les épisodes de chaleur extrême entraînent une baisse des niveaux d’oxygène dissous. Selon le rapport de l’OMM sur l’état du climat mondial en 2025, plus de 90 % de la surface des océans a connu au moins une vague de chaleur marine en 2025.
Pour la plupart des grandes cultures agricoles, les baisses de rendement commencent à se produire au-delà de 30 °C, et à une température légèrement inférieure pour certaines cultures comme la pomme de terre et l’orge. Il ressort des données disponibles qu’il existe une corrélation étroite entre les vagues de chaleur et les feux de forêt, avec des saisons d’incendies plus longues et plus intenses.
La chaleur extrême pèse aussi lourdement sur les travailleurs agricoles. Selon le rapport de la FAO et de l’OMM, le nombre de jours par an où il fait tout simplement trop chaud pour travailler pourrait atteindre 250 dans une grande partie de l’Asie du Sud, de l’Afrique subsaharienne tropicale, ainsi que dans certaines régions d’Amérique centrale et d’Amérique du Sud.
La chaleur extrême représente un danger non seulement du fait de ses effets directs, mais aussi car elle amplifie le risque de stress hydrique, de sécheresses éclair et de feux de forêt, et favorise la propagation de parasites et de maladies. Ce rapport conjoint offre un aperçu complet de ces effets combinés, notamment des aléas moins connus, comme la sécheresse éclair, qui sont principalement dus à une hausse rapide des températures.
Recommandations principales
Le rapport de la FAO et de l’OMM souligne la nécessité d’innover et de mettre en place des mesures d’adaptation, telles que l’élevage de sélection et le choix de cultures tenant compte de la nouvelle réalité climatique, l’ajustement des périodes de plantation et la modification des pratiques de gestion, afin de protéger les cultures et les activités agricoles des effets de la chaleur extrême.
Les systèmes d’alerte précoce constituent un outil particulièrement important pour aider les agriculteurs à s’adapter aux épisodes de chaleur extrême.
Toutes les catégories d’options d’adaptation reposent sur l’accès aux services financiers (transferts de fonds, régimes d’assurance et systèmes de paiement, régimes de protection sociale réactifs face aux chocs, etc.).
«Pour protéger l’agriculture future et garantir la sécurité alimentaire mondiale, il faudra non seulement renforcer la résilience des exploitations agricoles, mais aussi faire preuve de solidarité internationale et de volonté politique collective afin de mutualiser les risques et de rompre résolument avec un avenir à fortes émissions», indiquent les auteurs du rapport.
Notes aux rédacteurs
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