Un rapport sur les services météorologiques et climatologiques pour aider le secteur des sports d’hiver à s’adapter

3 novembre 2026

Genève, Suisse (OMM) – L’Organisation météorologique mondiale (OMM) et la Fédération internationale de ski et de snowboard (FIS) publient un rapport conjoint sur les services météorologiques et climatologiques destinés aux stations de ski afin de soutenir l’industrie des sports d’hiver et du tourisme, à l’heure où les températures montent et où les conditions d’enneigement deviennent de plus en plus incertaines.

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Les décisions relatives à l’exploitation des installations de ski – de l’ouverture des remontées mécaniques le matin à la programmation d’événements de sports de neige, en passant par la planification de la saison suivante ou l’investissement dans des infrastructures destinées à durer des décennies – sont façonnées par les conditions météorologiques, neigeuses et climatiques. À mesure que le climat change, des informations fiables sont de plus en plus importantes pour gérer les risques opérationnels immédiats, la variabilité saisonnière et l’adaptation à long terme du secteur du tourisme, voire de communautés montagnardes entières.

«Ce rapport constitue une ressource complète sur les services météorologiques et climatologiques à destination des stations de ski. Il rassemble des informations sur l’évolution observée et prévue des conditions météorologiques et climatiques, de la neige et de la glace, sur les services et les informations disponibles pour éclairer la prise de décisions, ainsi que sur leur utilisation dans le cadre de la planification opérationnelle, saisonnière et à long terme», écrivent Susanna Sieff, Directrice du développement durable de la FIS, et Daniel Kull, Directeur de la Division des partenariats pour le développement et de l’exécution des programmes à l’OMM, dans l’avant-propos du rapport.

Le rapport intitulé Weather and Climate Services for Ski Resorts a été élaboré dans le cadre d’un partenariat entre l’OMM et la FIS visant à sensibiliser aux effets actuels et futurs de l’évolution du climat sur les écosystèmes, les communautés et les activités de plein air, sur la base des dernières observations, projections et recherches. Outre le rapport complet, un guide pratique plus court explique les types d’informations utiles et les endroits où se les procurer. 

Des experts de l’OMM ont présenté le rapport et les prévisions saisonnières pour l’hiver à venir le 3 novembre, dans le cadre d’un webinaire de la série consacrée au développement durable organisée par la FIS. Cette présentation coïncide avec le lancement de la Coupe du monde de ski alpin FIS 2026/2027, dont les premières épreuves se sont déroulées les 24 et 25 octobre à Sölden, Autriche. Au cours de la saison 2025/2026, les conditions météorologiques ont entraîné l’annulation de 25 courses de la Coupe du monde de ski, selon un décompte interne de la FIS.

Hausse des températures et recul des glaciers

L’Europe occidentale – et la partie continentale des États-Unis d’Amérique – ont connu en 2026 leur été le plus chaud jamais enregistré. La chaleur, conjuguée à la sécheresse, a durement éprouvé les glaciers alpins et le manteau neigeux.

La période 2015 à 2025 a été la plus chaude jamais enregistrée sur la planète. Pendant quatre années consécutives, la perte de masse glaciaire a été généralisée dans toutes les régions, indique l’OMM dans ses rapport sur l’état du climat mondial et sur l’état des ressources en eau dans le monde pour 2025.

Selon le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), la durée de l’enneigement a diminué dans presque toutes les régions, en particulier à basse altitude – en moyenne de cinq jours par décennie.

Une étude publiée dans Nature Climate Change a révélé que, sans enneigement artificiel, 53 % des 2 234 stations de ski dans 28 pays européens devraient être exposées à un risque très élevé de pénurie de neige si les températures augmentent de 2 °C par rapport à la moyenne préindustrielle. Ces stations risquent de ne plus être économiquement viables, d’où la nécessité croissante d’investir dans des mesures d’adaptation.

Les Alpes suisses illustrent les implications concrètes de ces tendances. 

Selon le Réseau des relevés glaciologiques suisse (GLAMOS), l’hiver particulièrement peu enneigé et les vagues de chaleur intenses et prolongées survenues entre mai et septembre 2026 ont entraîné un bilan de masse des glaciers suisses qui figure parmi les plus négatifs jamais enregistrés, juste après celui de 2022. Entre 2022 et 2026, les taux de fonte ont été plus de deux fois supérieurs à ceux de toutes les périodes de cinq ans précédemment observées, entraînant une diminution de près de 20 % du volume de glace depuis 2021.

Les données du Centre national suisse pour les services climatologique (NCCS) montrent que le nombre de jours de chute de neige a diminué de moitié depuis 1970 à moins de 800 m d’altitude. L’altitude de l’isotherme 0 °C en hiver, un indicateur important des conditions d’accumulation naturelle de neige, est passée d’environ 600 m il y a 50 ans à quelque 850 m aujourd’hui et devrait continuer à augmenter.

Viabilité des infrastructures de ski

Le relèvement de la limite d’enneigement fiable a un impact direct sur la viabilité des infrastructures de ski situées à basse altitude. Au-delà des perturbations opérationnelles immédiates, ces changements peuvent nécessiter une augmentation substantielle des investissements dans l’adaptation. 

Dans de nombreuses stations, les installations de production de neige artificielle sont devenues indispensables pour assurer la régularité des saisons de ski. Leur efficacité diminue toutefois avec la hausse des températures et la réduction du nombre d’heures favorables à la production de neige. La disponibilité de l’eau pour la fabrication de neige peut constituer une contrainte supplémentaire dans les régions où les précipitations estivales diminuent et où les cours d’eau alimentés par les glaciers diminuent. Les coûts énergétiques de l’enneigement peuvent augmenter en raison à la fois d’une efficacité réduite lorsque les températures sont plus chaudes et du prix plus élevé de l’électricité. 

Planification quotidienne, saisonnière et à long terme

À la suite de la signature d’un protocole d’accord entre la FIS et l’OMM en octobre 2024, un webinaire s’est tenu en novembre 2024 à l’intention des responsables de compétitions et de stations de ski afin de présenter l’éventail des outils d’aide à la décision disponibles pour la gestion des risques climatiques. La visite conjointe d’un glacier, en octobre 2025, a mis en évidence la nécessité de fournir au secteur des sports d’hiver et du tourisme des orientations plus ciblées sur les outils, produits et compétences disponibles pour faciliter la prise de décisions. Un guide a ainsi été élaboré au cours de l’année 2026.

Il s’articule autour de trois catégories de décisions:

  • Pour les opérations quotidiennes, les observations en temps réel, les prévisions immédiates, les prévisions à courte échéance, les alertes de danger et les bulletins d’avalanche peuvent contribuer à la sécurité des remontées mécaniques, à l’entretien des pistes, à l’enneigement, aux communications avec les visiteurs et aux décisions relatives aux événements.
  • Pour la planification saisonnière, les prévisions à longue échéance, infra-saisonnières et saisonnières peuvent éclairer les décisions relatives aux dates d’ouverture et de fermeture, au personnel, aux budgets, à la stratégie de production de neige artificielle, à la planification de l’eau et de l’énergie, au marketing et à l’organisation des événements.
  • Pour la planification et l’adaptation à long terme, la surveillance du climat, les relevés historiques et les projections climatiques peuvent aider à prendre des décisions concernant les infrastructures, la capacité de production de neige artificielle, la diversification des activités, les assurances et d’autres investissements.

Le guide s’adresse principalement aux exploitants d’installations de ski, aux gestionnaires de destinations de montagne et aux organisateurs d’événements de ski et de festivals d’hiver. Il est également destiné à aider les Services météorologiques et hydrologiques nationaux (SMHN) et autres prestataires à élaborer et à fournir les services pertinents.

L’Organisation météorologique mondiale est l’organisme des Nations Unies qui fait autorité pour les questions relatives au temps, au climat et à l’eau

Pour de plus amples informations, veuillez contacter :

  • Clare Nullis Attachée de presse de l’OMM cnullis@wmo.int +41 79 709 13 97
  • WMO Strategic Communication Office Media Contact media@wmo.int
    Date de dernière mise à jour: 2 novembre 2026